Plutarque, Vie de Caton mm., ch. xlviii
224 HISTOIRE DE CÉSAK.
fut chargé de réprimer des désordres, des émeutes, de rétablir la tranquillité et l'ordre 1 ; ce but fut atteint, le gouvernement de ses provinces fut prorogé pour quatre ans; on lui alloua annuellement mille talents, avec lesquels il devait aviser à l'entretien de ses troupes et pourvoir à ses autres besoins*. La violence et l'accès subreptice aux places étaient alors les crimes capitaux qui avaient amené le désordre dans l'État. Ce fut contre eux qu'il exerça d'abord son activité 3 . Ces choses lui semblaient être le principe du mal de la République, et il pensait que s'il commençait à les réprimer, la cure s'en suivrait en peu de temps. Toutefois, il ne se contenta point d'imprimer une nouvelle vigueur aux anciennes lois pénales, mais en donna encore de nouvelles qui étaient en apparence dirigées contre les violences, les fraudes et les corruptions employées pour arriver aux fonctions publiques, et qui cachaient des buts plus profonds et plus étendus. Sa loi, lex de vi, était dirigée contre Mi Ion, qu'il craignait toujours comme ennemi et dont il obtint alors le bannissement 4 . Au moyen de l'autre loi, lex de ambitu, il espérait frapper César. Car en donnant à la loi qui avait pour but d'atteindre ceux qui achèteraient les voix aux élections, un effet de rétroactivité jusqu'à son premier consulat de 70, il comprenait naturellement aussi dans cet espace de presque vingt ans le consulat de César de l'an 59. Les amis de
1. Tite-Live, Epitome, 107. — Tacile, Annales, 1. III, ch. xxvm.