‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 154 sur 289 · Velléius Paierai lus. 1. Il, ch. xmi · texte numérisé non relu

Velléius Paierai lus. 1. Il, ch. xmi

César soupçonnaient que cette rétroactivité était destinée à outrager ou à menacer César : ils virent le piège qu'on tendait au proconsul des Gaules et empêchèrent cette longue rétroactivité de la loi. Pompée avait manifesté son mécontentement de ce qu'on eût mêlé le nom de César dans cette affaire, comme si celui-ci était au-dessusde tout soupçon. Dans les vingt ans, son second consulat à luimême n'était-il point compris? S'il embrassait une aussi longue période, c'était pour pouvoir mieux remédier à la condition de 1 État, qui depuis longtemps marchait déjà à sa ruine 11 lit donc confirmer la loi en question, et le maître de Rome suscita une foule d'accusations et de procès, qu'on aurait dû plutôt laisser dans l'oubli, afin de pouvoir vouer toute l'attention au présent si chargé de. méfaits, et à l'avenir si gros de malheurs. Il y avait trois cent soixante juges, et, pour qu'ils fussent à l'abri de toute crainte, Pompée présidait lui-même les tribunaux. 11 les fit en outre garder par de nombreux soldats. Les premiers absents qui furent accusés étaient Milon, à cause du meurtre de Clodius, et Gabinius, à cause d'illégalités et de scélératesses, parce qu'il avait envahi l'Égypte sans décret du Sénat et contre le texte et l'avis des livres sibyllins; ensuite Hypsée, Memmius, Sextus et plusieurs autres, qui auraient reçu des présents ou corrompu le peuple 2 . Pompée défendit aussi qu'on prononçât des panégyriques pour les accusés 3 : mais il en fit cependant un lui-même en faveur de Plancus. Caton, un

1. Appien, Guerres civiles, 1. H, ch. xxm. — Plutarque, Vie de Caton min., ch. xlviii.

Page 1