Appien, Guerre civiles, I. II, ch. xxiv
3. Plutarque, Vie de Pompée, ch. lv. — Dion Cassius, 1. XL, ch. lu, lv.
des juges dans cette affaire, se boucha les oreilles avec les deux mains, en disant qu'il était inconvenant pour lui d'écouler un panégyrique contraire aux lois 1 . Les illégalités que se permettait Pompée furent, aux yeux du peuple, la justification des prétentions de César. Rome devait à Pompée la restauration de sa tranquillité, et le sénat lui devait celle d'un ordre constitutionnel : luimême en relira le plus grand bénéfice, les bandes anarchiques ne l'inquiétaient plus et il pensait consacrer tout son temps et tous ses moyens à attaquer César.
L'année 51 amena des conjonctures qui déterminèrent de telle sorte les rapports entre Pompée et César, qu'on pouvait dès lors pressentir les signes avant-coureurs d'une rupture complète. Dans l'intention de ravir ses armes à César ou de mettre au grand jour ses secrets desseins, C;iton se présenta comme candidat au consulat; il avait aussi pour but d'agir contre Pompée. Mais Caton ne fut point élu 2 . Un partisan de Pompée, M. Claudius Marcellus, et Sulpicius Rufus devinrent consuls. Pompée s'absenta de Rome, parce qu'il craignait l'impétuosité de son parti et les reproches des amis de César. Il fit un voyage en Campanie et écrivit au sénat qu'il était prêt à remettre avant le temps fixé son gouvernement d'Espagne à un autre. La majorité du sénat était toujours restée en bons rapports avec lui, parce qu'on le craignait moins que César 3 . Les premières mesures hostiles contre ce dernier émanèrent de Mar-