Cicero, ad Divers, VIII, iy
c'était un homme pénétrant, d'une grande éloquence, très-aimé du peuple, et qui ne craignait pas de semer l'argent quand il s'agissait de ses propres intérêts, ou lorsqu'il voulait rendre un service à d'autres 1 . On s'attendait qu'à l'exemple de son père il serait hostile à César et qu'il renverserait César 2 . Mais César gagna Curion en lui payant ses dettes. Quant à Paul-Émile, César lui prodigua une partie de ses trésors pillés dans la Gaule; il lui donna 1 ,500 talents ou 8,1 00,000 francs, avec lesquels il éleva sur l'emplacement de la basilique de Fulvie la basilique Émilienne 3 , une des plus riches et des plus bel les de Rome; elle était située sur le Forum. Marcellus cependant ne cessait ses hostilités contre César; une mortification amère, dont on frappa César, était destinée à mener au but. Les consuls cherchèrent à enlever le droit de cité romaine à Novum-Comum, ville que César venait de fonder dans la Gaule cisalpine, et parce que, selon eux, ce droit qui lui avait été conféré n'était que le résultat de la brigue et de la violation des lois 4 . Lorsque certain habitant de cette ville vint à Rome, Marcellus le fit fouetter, soi-disant pour lui prouver qu'il n'était pas citoyen romain; il lui ordonna de s'en aller au plus vite, afin de pouvoir montrer la trace de ses coups à César 5 . En l'année 59, quand
J. Dion Cawius, 1. XL, ch. lx.
2. TUe-Live, Epitome, ch. cix. — Dion Cassius, 1. XL, ch. lix. — Appien, Guerres civiles, 1. Il, ch. xxvi.
3. PlularquP, Vie de César, ch. xxix. — Appien, Guerres civiles, 1. Il, ch. XXTI.