CHAPITRE III
Depuis le passage du Rubicon en 49, jusqu'à la bataille de Pharsale an 48.
Avant que les tribuns en fuite ne fussent arrivés à Ravenne, César avait appris les dernières décisions du sénat. Il s'adressa à ses troupes, leur communiqua les événements qui venaient de se passer : il se plaint de l'injustice de ses ennemis, de la jalousie de Pompée, de la moquerie exercée envers les tribuns; leur demande de venger l'affront qu'on lui avait fait essuyer, et remet enfin son sort et son honneur entre leurs mains 1 . La XIII e légion seule était assemblée autour de lui ; les autres étaient encore au delà des Alpes. Celte légion lui déclara avec enthousiasme qu'elle était prête à le venger, ainsi que les tribuns. La petite force militaire qu'il avait sous la main ne lui fut pas un empêchement d'agir; elle était la preuve certaine que la guerre le surprenait. Mais il voulait surprendre ses ennemis, les frapper par son audace et sa célérité. César traversa le Rubicon (aujourd'hui le Fiumesino), petit fleuve se jetant dans l'Adriatique et formant la limite sud-est de sa province. Q. Hortensius le précéda avec quelques cohortes pour prendre