César, Guerre civile, 1. I, ch. vu
par surprise Arirainum (Rimini), la première ville d'Italie sur sa route. César quitta incognito Ravenne; il assistait à des jeux, et le soir même de son départ, il donna un repas afin d'éloigner tout soupçon. Arrivé aux rives du Rubicon, il se plongea dans une profonde méditation, dit-on; il dit, est-il rapporté, à Asinius Pollion et à ses autres compagnons : « Nous pouvons encore rétrograder, mais de l'autre côté du pont, la guerre nous attend. » Ces paroles ont pu être prononcées par César, elles exprimaient exactement la situation et sont dans son caractère. Ce que plusieurs auteurs y ajoutent doit être regardé comme une mauvaise plaisanterie. Luimême ne parle pas de ce géant qu'on apercevait de l'autre côté du fleuve, qui tirait des sons d'un jonc, et qui, en se saisissant de la trompette d'un soldat, donna tout à coup le signal du départ. Les paroles prononcées par César ne changeaient rien à ses résolutions. Ce qu'il mettait à exécution avait été depuis longtemps résolu, combiné, convenu.
Quand il eut franchi le fleuve, il mit le pied sur le sol de la patrie, après neuf ans d'absence; il arriva avant le jour à Ariminum. Là, il fut rejoint par les tribuns M. Antoine et Q.Cassius,C. CurionetM. Cœlius; là aussi, Yimperator commence \\ jouer sa grande farce. Il présente à sa petite armée les tribuns en costumes d'esclaves et de fugitifs ! « Hélène causa la guerre de Troie, dit Cicéron M. Antoine alluma la guerre civile à Rome. » P*ur inspirer encore plus de courage et d'attachement à ses guerriers, César leur avait doublé pour toujours leur