‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 170 sur 289 · Plutarque, Vie d'Antoine, ch. vi · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie d'Antoine, ch. vi

HISTOIRE DE CÉSAR. Î5i

solde 1 . Il se forma une garde sur le dévouement de laquelle il pouvait compter.

Par le passage du Rubicon, par ce pas audacieux, téméraire, il voulait surprendre ses ennemis, afin de ne pas leur laisser le loisir d'armer contre lui. Le dé était jeté. Les propylées d'une terri Me lutte par terre et par nier venaient de s'ouvrir 2 . C'est surtout sur César que s'appesantit le reproche d'avoir été le sujet de la seconde guerre civile; car il avait amené volontairement sa rupture avec le sénat, afin d'avoir un motif apparent do justice pour foire la guerre. Si en ce moment la guerre était une résistance à son corps défendant, pour se "soustraire à un tribunal séant à Rome, destiné à le perdre, il porte cependant la faute d avoir offert tant de prises à des juges impartiaux. Le prétexte de vouloir venger l'affront fait aux tribuns était tout à fait frivole, car un veto acheté ne méritait aucune considération ; ensuite, combien de veto n'avait-iî pas lui-même prononcés contre des intercessions de tribuns? César avait rompu avec le sénat parce qu'il était utile de rompre avec lui, afin d'avoir un prétexte de réaliser le plan de toute sa vie. Dès son entrée dans la carrière politique, il s'était posé un but : ce but était de fonder son trône despotique sur les ruines de la République. C'est sur la même voie que César se trouve comme régénérateur du parti de Marius, comme consul et comme proconsul des Gaules. Un plan de conduite ferme et conséquent se contourne habilement à travers le tissu compliqué de ses machi-

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