Cicéron, 2 e Philippiquc, ch. xxvi
3. Plularquc, Vie de Cicéron, ch. xxxix. — Cicéron, ad Atlicum, U 11, ch. xxii, el ad l'umiliares, 1. XIV, ch. xxn.
320 HISTOIRE DE CÉSAK.
Durant la dernière lultc entre Pompée et César, la majorité du public romain simula être pour ce dernier: au moins manifestait-elle extérieurement celte préférence, car elle avait à craindre les troupes de César en garnison à Rome et puis encore son collègue, le consul Servilius. On montrait de la joie quand César était vainqueur, de la douleur dans le cas contraire; les uns agissaient ainsi en toute sincérité, les autres par pure politique. Car Rome était remplie d'espions et d'affidés qui écoutaient 1 . Après la mort de Pompée, on ne fît plus de difficulté de louer César et d'injurier, de calomnier Pompée. Ce fui alors à qui inventerait le mieux les honneurs à lui rendre. Tous les Romains, et parmi eux les premiers et les plus considérables, luttaient entre eux pour les propositions à faire des adulations et des flatteries qui devaient être adressées à César, et il y eut des luîtes serviles lors des votes. Et comme si César avait été présent, les yeux fixés sur eux, tous témoignaient de leur dévouement par des acclamations et des cris d'allégresse; ils espéraient mériter par là de hautes dignités, des sacerdoces et des récompenses pécuniaires, comme si leur dévouement était sincère, libre et non dicté par les circonstances 2 .
César entra dans Rome : son retour ne fut pas suivi de proscriptions, au grand déplaisir des uns et à la grande confusion des autres : César ne voulut pas faire de victimes : n'exagérer la pitié ni la réaction qui en sont la suite. L'aristocratie était encore puissante ; les