‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 230 sur 289 · Macrobe, Saturnales, 1. II, ch. m · texte numérisé non relu

Macrobe, Saturnales, 1. II, ch. m

3iii HISTOIRE DK CÉSAH.

sonnes admises dans le sénat, rendait les quatorze sièges ou gradins du théâtre insuffisants 1 . Il fallait à César des suppôts; les honnêtes gens le fuyaient, il fallait donc se contenter des gens obscurs ou perdus et de bonne volonté. C'est sur ces degrés impurs que s'achemina et monta le nouveau monarque. Afin de pouvoir conserver toujours le nombre des neuf cents membres du Sénat, César augmenta celui des questeurs jusqu'à quarante', dont il s était réservé de nommer une moitié. Quand César se réserva encore de proposer les magistrats à élire aux comices par centuries 3 , ainsi qu'aux comices par tribus 4 , il eut de fait en son pouvoir le droit d'élire, malgré l'apparence du vote libre laissée au peuple, et il obtint ainsi violemment une puissance plus considérable que celle qu'avait eue l'inler-roi du temps de la royauté.

Ensuite César fit un pas de plus; il restreignit le pouvoir judiciaire à deux sortes déjuges, aux sénateurs et aux chevaliers, et il supprima les tribuns du trésor qui formaient la troisième juridiction. Le tribunal, dans l'origine, était destiné à être l'organe d'une opposition légale des plébéiens contre les empiétements de l'autorité ou du gouvernement. Ses membres, les tribuns, étaient inviolables; mais la sacrosancta potestas du tribunat fut un bouclier qui, comme arme offensive, se montra toujours plus puissant, que le glaive du pouvoir. César connaissait cette puissance : comme révolutionnaire et

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