Dion Ca8s»iu8, l. XLIV, ch. iv
sénat et dans le forum; il eut un lit sacré comme les dieux; il eut un flamine. C'est ainsi que le sénat revêtit le destructeur de la République, et que César eut la vanité d'accepter des honneurs excessifs, empruntés la plupart à l'Orient en décadence, aux Arabes du désert ou aux Puniques orgueilleux, dont les chefs commandaient à des tribus sans passé et rabaissées moralement par l'esclavage intellectuel et physique ! Quels étaient les magnifiques dispensateurs de ces distinctions puériles, de ces hochets futiles et sans signification intrinsèque? Les sénateurs que César avaient créés pour son usage personnel, neuf cents automates dont il tirait les ficelles et qui l'élevèrent au-dessus du niveau de toute distinction humaine. Chacun de leurs décrets fut une offense, un blasphème même à la majesté des dieux, un attentat à leur gouvernement du monde 1
Tous les faits que nous venons d'énumérer ne sont que des futilités destinées à satisfaire la vanité et l'orgueil. Plus graves et plus importants sont les décrets du sénat qui étaient destinés à légaliser la somme de pouvoir de fait que l'omnipotent dictateur avait su faire couler dans ses mains. Ce qui importait surtout à César, c'était la continuation de 6on commandement militaire dont la durée allait expirer, selon les lois de la République ; car elles en prescrivaient la cessation dès que le général avait célébré son triomphe. Il se fit donc conférer le titre Rimperator, non dans le sens que ce titre avait eu dans le passé, mais à perpétuité [et commo nom propre qui devait précéder ses autres noms 1 . On