‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 283 sur 289 · ch. xu · texte numérisé non relu

ch. xu

434 HISTOIRE DE CÊSiR.

quand i,ucain composa sa Pharsale dans laquelle il dépeint le caractère de César en ces termes :

Acer, et indoraitus; quo spes, quoque ira vocasset, Ferre manum, et nunquam temerando parcere ferro Successus urgere suos : instare favori Numiqis : impellens quidquid sibi suqaqaa petenti Obstaret; gaudeos que viam fecissp ruina.

« Ardent, infatigable, où l'ambition, où le ressentiment l'appelle, c'est |à qu'il vole le fer à la main. Jamais le sang ne lui coûte à répandre. Hâter ses succès, les poursuivre, saisir et presser la fortune, abattre tout ce qui s'oppose à son élévation, et s'applaudir de s'être 014 vert un chemin à travers les ruines, etc. »

Florus, qui écrivait sous Trajan, se contente d'observations générales, et il met la mort de César sur le compte des deux partis républicain et despotique.

Eutrope, auteur de la seconde moitié du quatrième siècle, rapporte que César se comporta avec une hauteur tout à fait contraire aux usages de la liberté romaine. Ainsi, il accordait à son gré les honneurs déférés autrefois par le peuple ; il ne se levait plus lorsque le sénat venait à lui; en mainte occasion, il agissait en roi et presque en tyran.

Quatre siècles après César, voici en quels termes l'empereur Julien en parlait. Mercure ensuite questionna César : « Et toi, César, dit-il, quel a été le but de ta vie? — D'être le premier de mes concitoyens et de ne vouloir être regardé comme le second de personne. — Voilà qui n'est pas clair, dit Mercure, hlst-ce en sagesse, en éloquence, en science militaire, en poli-

tiq^ie? — Il m'eût été fort agréable de primer en tout, mais n'y pouvant pas atteindre, j'ai mis tout en œuvre pour être le plus puissant des Romains. — Mais, dit Silène, as-tu été très-puissant chez eux? — Oui, dit César, puisque j'ai été leur maître. — SojU dit Silène, mais tu n'a pas su t'en faire aimer, et cela, malgré tes grands airs de clémence, empruntés au drame et à la scène, et tes basses adulations. — Tu crois donc, dit César, que je n'ai pas été aimé du peuple, qui a poursuivi Brutus et Cassius? — Ce n'est pas parce qu'ils t'avaient tué, reprend Silène, puisqu'il les a faits consuls, mais pour l'amour de l'argent, lorsque, après la lecture de ton testament, il s'aperçut qu'il y avait une assez jolie récompense attachée à son indignation 1 . »

Quant aux triumvirs, il va de soi qu'ils aient toujours feirit une grande vénération pour le dictateur, comme l'ont fait aussi les empereurs pour Auguste; sous l'empire oq n'osait manifester son opinion, parce que le sort du premier imperator ne pouvait pas leur être indifférent.

Dans ce moyen âge que César concourut à faire naître, vécut un homme, secrétaire du fameux Thomas Becket, et qui plus tard devint évêquede Chartres. Cet homme est Jean de Salisbury. Onze ans avant la mort de Thomas, Jean lui avait adressé à Toulouse, en 1 159, dont le roi Henri d'Angleterre faisait le siège, son célèbre ouvrage du Polycraticus, dans lequel l'auteur ecclésiastique justifie la mort yiolente d'un tyran* Il cjit que tous ceux qui abusent de leur pouvoir sqr ceux qui leur sont

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