‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 46 sur 289 · Pline, Histoire naturelle, lis. IX, ch. iv · texte numérisé non relu

Pline, Histoire naturelle, lis. IX, ch. iv

semble que rien ne devait manquer à l'éducation et au progrès de l'abrutissement populaire, pour que les ambitions personnelles de quelques chefs révolutionnaires fussent satisfaites. Nous n'entendons pas ici les hommes de la révolution qui met l'ordre, mais de celle qui le trouble.

Pline dit avec raison que l'abus de la fortune chez les particuliers venait de ce que depuis longtemps on leur avait permis un grand luxe, dès qu'il était question de réjouissances publiques. Il cite, relativement au marbre et aux colonnes, un exemple remarquable. Publius Claudius Pulcher, l'ennemi de Cicéron , était propriétaire d'une maison qui avait coûté quatorze millions huit cent mille seslerces ou plus de trois millions de francs 1 ; ses passions, son ambition, sa démagogie lui coûtèrent des sommes énormes; il n'est donc pas étonnant qu'il fût, comme son ennemi Milon, écrasé sous un poids de dettes fabuleux.

A l'époque qui nous occupe, les mœurs privées et publiques de la société romaine étaient dans un état de perturbation et de décadence profondes. Le gouvernement consulaire avait ébranlé, sinon détruit, l'unité politique et administrative, interverti la hiérarchie du multiple, qui devait rationnellement fonctionner sous cette unité pour maintenir les mesures et les rapports harmoniques du pouvoir. De plus, ce gouvernement avait ruiné ou transformé les lois et les traditions de la royauté étrusque, pleine d'analogie avec la monarchie grecque des temps héroïques des Agamemnon et des Thésée. Exploité dans des vues égoïstes, stimulé d'abord, et plus tard égaré par les orateurs et les avocats, dont l'éloquence tourmentée

i. Pline, Histoire naturelle, liv. XXXVI, ch. xxtv.

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