Sallustc, Jugurtha, ch. xli
par l'avidité de biens que montraient les riches et les nobles. La plus grande partie du Bien Public (Vager publiais) était à la discrétion de ces castes prépondérantes; avec leurs capitaux elles achetaient de la propriété foncière afin d'augmenter par le revenu de ces propriétés l'usufruit de leurs allocations sur Vager publions. Ceux qui détenaient de vastes fermages dans le domaine de l'État, persuadaient ou forçaient même le petit propriétaire foncier voisin, de leur vendre son champ et sa métairie, afin d'arrondir la grande fortune nobiliaire ou chevalière. De cette façon les campagnes de la noblesse et de la ferme -générale acquirent une étendue telle que souvent des contrées entières constituaient la propriété tant réelle que prétendue d'un simple Nabab romain.
Le plus grand vice de cette concentration de biens fonciers dans la main d'un petit nombre, c'était la nouvelle manière de leur exploitation. La plus grande partie de leur étendue était en vastes jardins, en viviers considérables, en bois et en prairies. La portion réservée a la culture du blé était travaillée par des esclaves, achetés à cette époque à bon compte, et qu'on pouvait entretenir à meilleur marché que les hommes libres ; mais , chose qui était le point capital pour le propriétaire, la guerre ne les arrachait jamais au soin des troupeaux ni au maniement de la charrue. L'avarice des maîtres profitait surabondamment de cette nouvelle manière d'exploiter les terres, tandis que le nombre des agriculteurs indépendants diminuait avec une grande rapidité 4 . Ceux qui restaient , perdaient leur courage viril et étaient ruinés par les