Pline, Histoire naturelle , liv. VIII, ch. lxxvui
une vulgaire dispute de rang. Le tribun Roscius Othon avait réglé les places des chevaliers au théâtre, lex Roscia tkeatralis; il assignait aux chevaliers romains, le nerf de l'aristocratie d'argent, quatorze rangs de sièges au théâtre, au-dessus de ceux des sénateurs ; et l'éloquence de Cicéron avait fait accepter cette loi i .
Il n'y eut jamais chez les Grecs de distinction dans les places au théâtre : les magistrats seuls avaient des places privilégiées, et cela était dans l'ordre.
Il y avait trente-six ans que les tribuns L. Appuléius Saturninus et Servius Glaucias s'étaient maintenus par la violence dans leur magistrature. Poursuivis et assiégés par les consuls dans le Gapitole, ils se rendirent, et furent exécutés dans la Curie Hostilia. Dans cette année 63, C. Rabirius, sénateur d'un grand âge, qui s'était souvent distingué à la guerre, qui avait participé à l'attaque de la Curie, fut accusé de crime capital, pour avoir plus que personne aidé le sénat à comprimer les séditieuses entreprises de Saturninus 2 . César parlait par la bouche de T. Atius Labienus, accusateur dans cette affaire. Que voulait César? Enlever au sénat l'antique droit qu'il avait d'armer les consuls de la toute-puissance, et lui ravir par ce moyen son arme capitale contre les perturbateurs de Tordre public. Cicéron dit à cette occasion : « C'est qu'on veut anéantir cette loi souveraine protectrice de votre majesté et de votre empire, et que nous avons reçue de nos ancêtres ». »
1. Tite-Live, Épitome, ch. xcix. — Pline, Histoire naturelle, liv. VII, ch. xxxi. — Plutarque, Vie de Cicéron, ch. xm. — Cicero, Oratio consul, ter lia de Othone.
2. Suétone, Vie de César, ch. xn. — Dion Cassius, liv. XXXVU, ch. xxvi.
3. Cicero pro C. Rabirio I. — L'autre juge était Lucius César, consul de