‹ Le grand perturbateur romain CésarChapitre 72 sur 289 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'assentiment du peuple 4 . » Mais Cicéron lui-même était à l'abri de reproches plus graves encore par un décret du sénat , qui déclarait irresponsables tous ceux qui avaient contribué à étouffer la conjuration de Catilina. Ce décret proscrivait en même temps quiconque oserait les accuser. Cependant Forage, momentanément détourné du consulaire, se dirigea sur le sénat lui-même. Cécilius Métellus, intime de César, fut soutenu par lui dans la demande de lois les plus séditieuses contre le droit d'opposition de ses collègues. César avait même provoqué la demande de ces lois; un décret du sénat finit par les suspendre tous deux de leurs fonctions. César eut l'audace de rester en possession ' de sa charge et de rendre encore la justice. Mais quand il apprit qu'on se préparait à employer contre lui la violence et les armes, il congédia ses licteurs, se dépouilla de la prétexte, et se retira secrètement chez lui, résolu, pour s'accommoder au temps, de se tenir tranquille. Deux jours après, la foule s'assembla d'elle-même et spontanément devant sa maison, et lui offrit son appui pour le rétablir dans sa dignité; le tumulte était au comble. César l'apaisa. Étonnés de cette modération, les sénateurs, que la nouvelle de l'attroupement avait réunis à la hâte, envoyèrent, pour lui rendre grâces, les plus illustres d'entre eux; et il fut rappelé dans le sénat et comblé là des pius pompeux éloges. Enfin, on le réintégra dans sa charge, en rapportant le premier décret 2 .

Préteur, loin encore de son but, César devait trafiquer avec la considération de Pompée, qui avait quitté Rome comme ami et bienfaiteur de la multitude , et qui s'était

1. Dion Cassius, liv. XXXVII, ch. xm, — Cicero, ad Divers., v. 2.

Page 1