lbid., 1. VIII, ch.xLVi
HISTOIRE DE CÊSAH.
avait procuré un titre cThonneur du sénat ; il lui fit des propositions d'arrangement qui n'eurent pas de suite. Les armes devaient décider et les armes décidèrent. Une grande bataille non loin de Vesontio (Besançon) ouvrit la longue lutte entre Rome et la Germanie, lutte qui dura cinq siècles et qui ne se termina qu'avec la destruction de l'empire romain. Dans cette bataille, l'armée del'Arioviste était composée de Suèves, deMarcomans, de Harudes, de Triboques, de Vangions, de Némètes,de Séduses, peuples qui habitaient le sud-ouest de la Germanie, et en descendant le long du Rhin. Les Germains perdirent la bataille ; Arioviste s'échappa en traversant le Rhin dans un bateau, et, peu de temps après, il consterna encore davantage les Germains par sa mort. César conduisit son armée en quartier d'hiver chez les Séquanes, en confia le commandement à Labiénus, et partit pour aller tenir les assemblées dans la Gaule citérieure.
Pompée, le chargé d'affaires de César à Rome, fut enveloppé dans une lutte dangereuse pour lui. Refoulé au second rôle dans le triumvirat pendant le consulat de César, il voyait aller sa considération de plus en plus s'abaissant. Sans fonction ni armée, simple particulier, haï de la noblesse, légèrement lié avec le peuple, il avait à veiller au maintien des lois Juliennes. Dans le cas de leur révocation, la ratification de tous ses actes en Asie courait le danger d'être annulée; alors lui-même aurait été exposé au mépris et au ridicule ; mais ces lois furent maintenues. Par ce moyen, César fut en position de s'élever bien au-dessus de ses alliés; il eut donc tous les avantages du triumvirat, tandis que Pompée ne ré-
coltait que les peines et la haine qu'il suscitait. Mais sa position fut rendue encore plus pénible par la conduite de Clodius. Pour de l'argent, celui-ci avait délivré de sa détention chez le préteur Lucius Flavius Népos, le jeune Tigranes, qui avait figuré dans le triomphe de Pompée, et qu'on gardait comme prisonnier à Rome. A cette infraction des droits du triomphateur, vinrent se joindre des accusations que Clodius adressait à des partisans de Pompée, et des injures qu'il lui prodiguait à chaque occasion *. Ensuite les charmes de sa jeune femme Julie, âgée de vingt-quatre ans (lui-même en avait quarante-huit), l'absorbaient entièrement; il lui consacrait toutes ses journées, passait son temps avec elle dans ses campagnes et dans ses jardins, et enfin, ne s'occupait plus de ce qui se faisait sur le Forum K Les violences de Clodius, les injures sans bornes de ses ferrailleurs, amenèrent des tentatives de réconciliation de Pompée avec le sénat; il travailla aussi au retour de Cicéron, pour s'en servir contre Clodius, comme il s'était servi auparavant de Clodius contre Cicéron 8 . Les pourparlers en faveur du retour de l'exilé continuèrent peu* dant cette année 58 et une partie de l'année suivante; ils auraient duré plus longtemps, si Clodius, dans son arrogance, n'avait attaqué les lois Juliennes 4 . A la fin, César consent au retour du grand orateur. Mais le sénat était dans un état de faiblesse tel, qu'il ne put renfi*