I. Qcero, nd Quint, frnt.^ 2, 3; ml I
HISTOIRE DF, CFSAR.
proclama de longues vacances', il lui enleva le jour des comices par la célébration des vacances latines surtout, quoiqu’il y eût un grand nombre de supplications. Il fut donc impossible à Caton de traiter avec le peuple : il en fut aigri, et ensuite, comme Clodius s’entendait alors avec le triumvir qui ne pouvait espérer être nommé sous la présidence de Marcellinus comme son successeur, il empêcba, d’accord avec son collègue Nonius Sufenas, les comices consulaires d’avoir lieu. On n’écouta pas les prières et les menaces du sénat; le tribun s’opposa même, mais sans nécessité, à son arrêté, qui ordonnait de porterie deuil, jonglerie habituelle, par laquelle on proclamait que l’Clat était en danger. Après avoir défendu au sénat de s’absenter des jeux publics, ce qui était le signe du danger pour la patrie, le tribun se rendit dans le Forum, où le consul se lamentait des menées et de la grande puissance de Pompée. Le peuple applaudit le courageux orateur, mais il ne put pas forcer les élections’.
L’année .55 commeii(;ait donc avec un inlerrègne qui fut pour César un temps d’angoisses et d’espoir. Il n'élait point encore prêt pour la guerre civile: l’argent et les troupes étaient insuftisants, il fallait qu’anparavant l’armée fût encore détachée de la patrie ; il fallait qu’elle fût habitu(;e à n’obéir qu’à lui avant d’être menée contre Rome. De plus, il n’avait point encore de prétexte plausible, puisque le sénat avait le droit de
1 , Cicepo, ad Quiut, f rut, ^ 2,
2. Valère Ma:&inief 1. VI. 2, îj G. — Dion (’apsiti!*, 1. XXXIX, ch. xxviii,
HISTOIRE DE CÉSAR
le faire remplacer ]>ar un autre dans l’administration des Gaules à l’expiration de la sienne pour cinq ans. Si cela s’etl'ectuait, comme L. Domilius Ænobarbe et son parti l’en menaçaient, le but auquel il avait tendu toute sa vie (César était dans sa quarante-huitième année) était dérangé, et au lieu du diadème, il avait en perspective l’exil perpétuel ou le dernier supplice préparés par la rage sans bornes de ses nombreux ennemis dupés et morliliés par lui. César savait que Pompée et Crassus seuls pouvaient le maintenir dans sa position et seulemcnl alors iju’üs seraient consuls. Il fallait donc qu’il employât tous les moyens pour faire réussir leur élection. A Lucques où il s’y était engagé, avaient déjà été gagnées bon nombre d’inlluences et de voix au moyen de présents de toute nature ainsi que de promesses; les députés et les chargés d’alfaires de César à Rome lui gagnaient des partisans par les memes moyens, (juelqiie inconnu que leur restât le service de réciprocité (ju’on leur demandait. Durant l’hiver. César envoya sous la conduite de Publius Crassus un certain nombre de soldatsâ Rome' destines à aider l’élection des consuls. Les ennemis de César empêchèrent toutefois que la promotion de ses rivaux ne lui devînt préjudiciable. Rs méconnurent Pompée et ses relations, et par conséquent leur propre lâche, qui consistait avant tout à dissoudre le triumvirat et par ce moyen à rétablir l’équilibre. Ils auraient dû aller au-devant des souhaits de ce triumvir qui ne se serrait contre César que par nécessité, et qui employait plutôt le sénat contre César que César