‹ Le grand perturbateur romainChapitre 11 sur 277 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

rius et ses adhérents [larmi la noblesse, prennent la fuite. SjHa fait rétablir par les eomices l’assentiment pn-alable du sénat aux plébiscites, l’Assemblée abolit également les lois de Sulpicius, mise en vigueur malgré la déclaration des vacances. L’ordre semblait rétabli, le peuple eut toute liberté dans les élections consulaires, mais Sylla eut la 1 mortification de voir l’élerlion d’un homme sans caractère, Cnæus Octavius, et de L. Cinna , démocrate farouche. Sylla, dans ces circonstances, eut foi comme toujours dans son bonheur. .Après avoir fait jurer solennellement Cinna sur le Caiiitole qu’il ne tenterait rien pour renversm’ ses dispositions, Sylla quitta l'Italie pour aller combattre Mi- Ihridate. Cinna manijua it .son serment. Rusé, au fait des intrigues et des moyens poui' surexciter les masses, audacieusement résolu, vigoureusement actif, il dominait les timides aristocrates dont l’esprit n’était formé que dans la littérature.

A peine Sylla s’était-il éloigné de Rome, que de grands troubles éclatèrent de nouveau dans la ville; Cinna et le parti de Marins proposent la répartition des nouveaux citoyens dans les trente-cinq tribus. Cinna avait embrassé le parti des alliés, et avait, de plus, été gagné par un présent de 300 talents. Rome voit éclater de nouvelles violences et couler encore une fois le sang. Les anciens citoyens, à la tête desquels était Octavius, triomphent. Cinna et sa faction fuient Rome. Tandis qu’il cherche des soldats et de l’argent, tandis qu’il gagne l’armée d’Appius Claudius, campée auprès de Capoue, tandis que les Samnites se joignent à li.i, et que son parti s’est grossi de quelques sénateurs venus de Rome, le sénat lui enlève son autorité consulaire, lui retire le droit de citoyen, et nomme à sa place, comme

CÉSAR

consul, Cornélius Mérula. Cinna méritait bien cette injure*. Plutarque rapporte * que le nombre des morts dans la guerre civile antérieure à la fuite de Cinna se montait à dix mille, cliiffre peut-être exagéré ; Cicéron nomme cette lutte une guerre, dans un passage où il est question des scènes les plus sanglantes des guerres civiles *. Marius revint d’Afrique où il s’était réfugié. Il prend le commandement d’une armée, Cinna celui d’une autre, le noble Sertorius se met à la tête d’une troisième. Carbon en conduit une quatrième : toutes assiègent Rome qui, ù la suite de la famine, de luttes incessantes, de discordes et d’épidémies, fut obligée de se rendre à discrétion. Les massacres durèrent cinq jours et cinq nuits ; les hommes les plus purs, animés des plus nobles sentiments, furent assassinés tous ceux qui pouvaient se sauver, se réfugièrent auprès de Sjlla, ou bien chez ceux qui commandaient (les troupes en Italie, et qui n’avaient pas voulu reconnaître la tyrannie de Marius et de Cinna.

Ce fut à la suite de la mort du (lamen dialis Cornélius Mérula, qui s’était ouvert les veines, que César fut nommé à sa place, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut.

Le vieux Marius fut l’instigateur de toutes les monstruosités commises et du système de terreur établi à Rome. Ceux qui le saluèrent et auxquels il ne répondit pas, recevaient leur arrêt de mort et passaient par les mains des bourreaux. Ses compagnons eux-mêmes furent désespérés,

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