‹ Le grand perturbateur romainChapitre 122 sur 277 · Strabon, l. IV, \t. l'Jü · texte numérisé non relu

Strabon, l. IV, \t. l'Jü

HISTOIRE DE CÉSAR

stade compté à 11 y a de Douvres à Calais

35 kilomètres; la distance (|ue rapporte Strabon est trop grande. César marcha avec quatre légions ou vingt mille hommes sans bagages et huit cents cavaliers chez les Trévires, qui ne venaient point aux assemblées, n’obéissaient pas à ses ordres, et qu’on soupçonnait de solliciter les Germains à passer le Rhin. Celle nation, fixée entre la Meuse et le Rhin, était de beaucoup la plus puissante de toute la Gaule par sa cavalerie, et possédait de nombreuses troupes à pied. Deux hommes, Induciomare et Cingétorix s’y disputaient la souveraineté. Le premier voulait être libérateur de son peuple avec l’aide des Germains, et ensuite subjuguer la Gaule avec ce même peuple. Le second, son gendre et son rival ou l’un de ses rivaux, préférait le joug de l’etranger à l’obéissance envers Induciomare. Cingétorix alla donc au-devant de César, et l’assura de sa fidélité; d’autres grands suivirent son exemple, et Induciomare, qui avait déjà rassemblé tous ceux capables de porter les armes, et fait cacher le reste de la population dans la forêt des .\rdennes, forêt immense qui traversait le territoire des Trévires, chercha à se justifier auprès de César en lui disant (|ue, s’il n’était pas venu le trouver, c'était pour retenir plus facilement 1e pays dans le devoir, et l’empêcher de se porter, en l’absence de toute la noblesse, à d’imprudentes résolutions. César lit semblant de le croire, et il lui ordonna de venir dans son camp avec deux cents otages. Quand Induciomare les eut amenés, et parmi eux son tils et tousses proches parents, lesquels avaient été spécialement désignés, César le consola et l’exhorta à rester dans le devoir ;

HISTOIRE UE CÉSAR

toutefois, ayant asseinlilé les principaux des Trévires, il les rallia personnellement à Cingélorix, tant à cause de son mérite que parce qu’il lui semblait d’un grand intérêt d’augmenter cliez les Trévires le mérite d’un homme qui avait fait preuve envers lui d’un zèle si remarquable.

Quoique la révolte fût étouffée, César ordonna aux Trévires de se rendre au port d'Iccius. Ils devaient prendre part à la seconde expédition de César en Bretagne, mesure ijui n’échappa pas aux Trévires et moins encore à Dumnorix, Éduen, chaud et brave patriote qui s’était autrefois ligué avec les Helvètes*. Comme Induciomare, ses rapports avec les Romains l’indignaient, et il était irrité de voir échouer ses projets patriotiques. Dumnorix eut recours à toutes sortes de supplications et de prétextes pour rester en Gaule. 11 disait à la noblesse que César voulait la faire périr après son passage en Bretagne, ce qu’il n’osait faire à la vue des Gaulois. César en fut instruit par ses espions, et il résolut de réprimer et de prévenir Dumnorix par tous les moyens possibles; mais il ne voulait point sévir contre lui avant de le convaincre de ses menées contre les Romains, qui témoignaient néanmoins de sou amour de la patrie. Pendant vingt-cinq jours que César resta dans le por à cause du vent de nord-ouest qui soufflait constamment, il ne perdit pas de vue Dumnorix. Enfin le temps devint favorable, et le proconsul ordonna aux soldats et aux cavaliers de s’embarquer. Mais, profitant de la préoccupation générale, Dumnorix sortit du camp avec la

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