‹ Le grand perturbateur romainChapitre 123 sur 277 · C«ur, Guerre des Gaules, I. I, cli. ix · texte numérisé non relu

C«ur, Guerre des Gaules, I. I, cli. ix

HISTOIRE DE CÉSAR

cavalerie éduenne, à l’insu de César, et prit le chemin de son pays. César ordonna de le poursuivre et de le ramener mort ou vivant. Lorsqu’on l’eut atteint, il fit résistance, mit l’épee à la main et implora la fidélité des siens, s'écriant à plusieurs reprises qu’il était libre et membre d’une nation libre. Il fut entouré et tué. La cavalerie édue revint vers César.

.Mais dans toutes ces conjonctures, il était incertain que la tran(|uillité fût de durée. Le brave et fidèle Labiénus fut laissé sur le continent avec quinze mille fantassins et deux mille cavaliers; il devait garder le port, pourvoir aux vivres et espionner la Gaule. Une soirée. César mit sous voiles avec quinze mille légionnaires et deux mille cavaliers. Entraîné au nôrd-est par la marée, il s’aperçut, au point du jour, qu’il avait laissé la Bretagne sur la gauche; ce ne fut qu’à force de rames qu’il put gagner la partie de l’ile où il avait débarqué l’année précédente. A l’aspect de plus de huit cents vaisseaux, les Bretons se retirèrent; mais on devait les attaquer avant qu’ils n’augmentassent en nombre, et, dès la nuit suivante, l’armée romaine se mit en marche. Elle rencontra les insulaires à une distance de douze mille pas. Ils s’étaient avancés avec la cavalerie et les chars sur le bord d’une rivière, probablement la Stour, qui passe à Canlerbury, et s’étaient placés sur une hauteur, dont les abords étaient défendus par des retranchements. Une légion les mit en déroute. Le lendemain matin, on poursuivit les fuyards; mais, à peu de distance du camp, des cavaliers envoyés par Q. Atrius à César, vinrent lui apprendre que, la nuit précédente, une violente tempête avait brisé et jeté sur le rivage presque tous les vais-

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seaux, et que le choc entre eux leur avait causé de grands dommages. I.es l^omains cessent la poursuite : environ quarante vaisseaux étaient perdus, le reste fut amené sur la grève et enfermé avec le camp dans des retranchements communs. Labiénus eut ordre de faire construire le plus de vaisseaux qu’il pourrait. César employa dix jours et dix nuits à la réparation de ses navires, et, au bout de ce temps, il recommença la campagne au môme lieu d’où il était parti.

Les Bretons avaient assemblé un nombre considérable de combattants, et nommé pour chef ou généralissime Cassivelaunus. Ce prince était peut-être à la tête des Casses qui habitaient au nord de la Tamise, dans l’Essex et les pays environnants. Il s’était distingué parmi ses compatriotes comme un conquérant, comme homme d’action et d’énergie. Les Bretons avaient choisi pour position une colline bordée d’une forêt; attaqués par les Bomains, ils furent repoussés dans cette forêt. De là tout à coup ils attaquèrent de nouveau, et sur leurs chars, l’ennemi qui travaillait au retranchement du camp, et ils l’attaquèrent avec une grande vigueur. César, pour soutenir la garde du camp, lui envoie deux cohortes, qui étaient les premières de leurs légions; comme elles avaient laissé entre elles un très-petit espace, l’ennemi, profitant de leur étonnement à la vue de ce nouveau genre de combat, se précipita avec audace dans l’intervalle et échappa sans perte. Le genre de combat des Bretons était un perpétuel changement d’attaque et de retraite, dans lequel les hommes fatigués étaient remplacés par de nouveaux et liais combattants. On ne pouvait pas envoyer de masses contre eux ; la ca-

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3/alerie ennemie comballait avec désavantage ; les Bretons, feignant souvent de se retirer, l’attiraient loin des légions, puis, sautaient alors de leurs chars et lui livraient à pied un combat inégal. Cependant, à la longue les Romains apprirent à se défendre et enfin à les vaincre.

Ce fut dans cette guerre, sans qu’on sache où et à quel moment, qu’un simple soldat romain sauva deux centurions. La division de troupes à laquelle il appartenait s’était trouvée dans un pays marécageux. Le soldat fil des prodiges de valeur, força, dit Plutarque, l’ennemi à la fuite, mais ne retourna auprès de son corps que privé de son bouclier. L’entourage de César le reçut, plein d’admiration, avec des cris de joie ; mais le légionnaire, ému et chagrin, se jeta aux pieds du proconsul en lui demandant pardon d’avoir perdu son bouclier'.

Dès le lendemain de la bataille dont nous avons parlé plus haut, les Bretons avaient pris position loin du camp romain, sur des collines; ils ne se montrèrent qu’en petit nombre, et escarmouchèrent contre la cavalerie de César plus mollement que la veille. Mais, vers le milieu du jour. César ayant envoyé au fourrage trois légions et toute la cavalerie sous les ordres du lieutenant Trébonius, ils fondirent subitement et de toutes parts sur les fourrageurs, peu éloignes de leurs drapeaux et de leurs légions. Les Romains, tombant vigoureusement sur eux, les repoussèrent; la cavalerie, comptant sur l’appui des légion.s qu’elle voyait près d’elle, ne mit point de relâche dans sa poursuite et en fit un grand

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