I. Pline, Hittoire naturtlU, I. VTII, ch. vu
HISTOIRK DE CESAR.
lues par des Gélules. On voit, dans tout ce que nous venons de rapporter, la preuve que le peuple était éduqué et formé par lui-même et par le gouvernement qu’il s’était donné, pour subir les guerres sanglantes et civiles qui allaient suivre, ainsi que les atrocités de l’empire qui allait naître.
La popularité que Pompée s’était acquise s’évanouit en partie quand il s’occupa, avec Crassus, de la formation des légions qui devaient accompagner celui-ci en Asie. Il souleva encore un plus grand scandale, lorsque, après l’expiration de son consulat, il demeura dans l’Italie et laissa les arméesel les provinces à la discrétion de ses lieutenants'. En restant dans le voisinage de Rome, sous le prétexte de pourvoir aux arrivages des subsistances, il espérait dominer les assemblées sénatoriales et populaires et conduire ainsi les affaires à son avantage '. Pompée avait tout pouvoir en main pour rétablir l’ordre et le fonctionnement légal des lois dans la ville, et comme Clodius s’était rapproché, par pur égoïsme, des consuls, on devait d’autant plus espérer dans la paix. Mais les désordres continuaient dans les tribunaux et dans les élections, et l’on ne fut pas longtemps à découvrir que l'ompée avait en vue de protéger contre le droit ses partisans, de les pousser à briguer des places, et que son plan était deviser droit à la confusion de tout ordre. La position de consul et de proconsul ne servait à Pompée que parce qu’elle lui donnait l’occasion de s’élever contre
1 . IHon CaAsius, 1. XXXIX, ch. xxxvni, xxxix. — Philarquc. l'i> de Pompée, ch. Ltv.
'2. DUm r.n!*slü*, 1. XXXIX, ch. xxxix.
HISTOlRt DE CESAR.
la prépondérance de César; niais elle était insuflisanle pour enchérir sur lui. Dans ce but, il désirait la dictature, et, pour en prouver bien clairement la nécessité, il augmente, autant qu’il est en son pouvoir, l’état anarchique de Rome
11 était d’un grand avantage pour César (jue Pompée, le proconsul d’Espagne, restât prés de Rome, en occupant les grands de l’épouvantail de la dictature*. La présence de Pompée à Rome inquiétait moins le sénat, parce qu’il violait la légalité, empêchait les élections et entretenait l’antagonisme de l’esprit de parti, que parce (|ue Pompée attendait du désordre qui régnait dans l’Etat l’éclosion d’une omnipotence dictatoriale, comme à la suite d’une augmentation artificielle du pri.v des grains lui était échu un commandement supérieur. La dictature fut le rêve de Pompée pendant de longues années. Au mois de juillet de l’année 54, il lit acquitter C. Caton et Nonius Sufénas, qui, deux ans auparavant, s’étaient opposés, comme tribuns, aux élections, alin que Pompée pût arriver au consulat : cet acquittement avait pour but de lier ceux ipii en étaient l’objet, pour (ju’ils le servissent sans réserves, ^uant à M. Scaurus, candidat au consulat, qu’il ne voulut point voir élu par son intérêt propre, il ne s’intéressa à lui qu’en apparence. Au mois d’octobre, Gabinius fut accusé de léseinajesté dans sa campagne d’Egypte. Quoique Pompée fût absent et en voyage, pour cause de la rareté des
1. Appien, Gnrrre% civiles, 1. Il, rh. xix. — iMularqiiP, Vie de Vnmpee, rh, Liv.