‹ Le grand perturbateur romainChapitre 150 sur 277 · Su '.one. Vie de César, ch. xxvii · texte numérisé non relu

Su '.one. Vie de César, ch. xxvii

HISTOIRE DE CÉSAR

jusqu’alors, le consul !.. Paiilusel le tribun Curion n’avaienl point encore manifesté leur opinion: ils ne s’élaient point encore déclarés ni pour ni contre César. Selon le decret du sénat du 30 septembre de 51, on devait s’occuper des provinces consulaires le I" mars de l’année 50. Le gouvernement de César cessait le 31 décembre de rarmée éO. Il avait l’intention de se porter candidat au consulat l’année suivante, malgré son absence, ainsi qu’on le lui avait accordé, afin de ne pas pouvoir être accusé comme simple particulier. 11 voulait en quittant l’administration des Gaules entrer en fonction de sa nouvelle magistrature. Mais Pompée et ses autres ennemis craignaient qu’une fois consul il ne se démit pas du gouvernement des provinces et se saisit de la toute-puissance, aidé de la multitude éblouie et de nouvelles lois. Sans cette préoccupation môme, ils désiraient sa perte par haine. Le consul C. Marcellus, parent de César, fil aller le sénat aux voix pour savoir si l’on devait rappeler le 13 novembre de celle année le proconsul des Gaules: la majorité des sénateurs furent pour raflirnialion ; L. Pauliis se tnt, Curion au contraire fut de l’avis de la majorité et il dit, entre autres, qu’un citoyen, trop longtemps en possession d’une armée et de provinces, (h'venait dangereux pour l'État ; par la même raison, Pompée devait aussi renoncer à l’Espagne, dont le sénat lui avait prorogé le gouvernement à trois ans, deux ans auparavant. Son approbation était logi(iue, on dissimulait le principe d’après lequel on agissait ; Curion lui donnait une valeur générale, et par cette manière de raisonner il ruinait la ruse. Toute issue était ravie aux grands, il ne leur restait au-

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cun moyen de défense; et par l’ol»jection que pour Pom|)ce le temps de son gouvernement n’élail point encore écoulé, ils fureul pris encore plus étroilementdans leurs pièges. Ils se qualifiaient eux-rnêmes de factieux, et Curion sut liabilemenl profiler de sou avantage. Il disait que Pom[iée et César se trouvaient dans le même cas, qu’ils avaient des armées et des provinces, qu’il fallait les en priver tous deux ou les leur laisser encore plus longtemps ; <|ue ce ne serait qu’alors qu’on obtiendrait l’équilibre, etentin qu’il ne tolérerait pas une restriction partiale. Les consuls furent engagés à faire connaître cette réclamation au sénat.

Pompée ne voulut avoir aucune part à ces propositions hostiles pour César, et l’on savait cependant qu’il était lui-même enjeu, en sorte que ses amis plaignaient cet homme si faible, qui voulait attaquer avec des demimesures, et par consé(juenl de fausses mesures, le général dont les déterminations étaient si vigoureuses. «Ces gens, écrivait Cicéron ', combattent au delà de leurs forces en compromettant l’Ctat; car s’il s’agit de la dofense de la constitution, pourquoi César, et surtout quand il fut consul, ne l'a-t-il pas sauvée? Pourquoi m’a-t-on sauvé, moi, dont l’affaire était celle de l’ancienne constitution , pounjuoi ne m’a-l-on pas sauvé l’année suivante? Pourquoi lui donna-t-on le commamlemenl en chef de l’armée et le gouvernement de la province? Ct pourquoi l’un et l’autre lui furent-ils prolongés comme cela eut lieu? Pourquoi fut-ce un sujet de si vifs débats, que les dix tribuns du peuple furent obligés de porter devant le

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