Apijicn, Guerres civiles, Uv. II, clj. xxiii
HISTOIRE DE CÉSAR
la meilleure apparence à sa cause, était d’avis de tenter encore une démarche pacifique. Il fit déclarer par ses amis de Rome, qu’il était prêt à se démettre de la Gaule transalpine et du commandement des légions qui s’y trouvaient, si on voulait lui laisser la Gaule cisalpine et rillyrie avec deux légions, ou seulement l’Illyrie avec une légion, jusqu’à ce qu’il entrât en fonction de son second consulat*. Pompée semblait vouloir accepter cette offre, mais les consuls lui étaient contraires. Dans le même temps que cette offre fut faite par ses amis. César écrivit une lettre au Sénat et aux consuls, que Curion porta à Rome en trois jours, ayant fait treize cents stades ou deux cent quarante kilomètres. Cette lettre ouverte répétait d’une manière positive les prétentions articulées par Curion peu de temps auparavant : il offrait de déposer son commandement si Pompée en faisait autant ; mais si celui-ci refusait, il conserverait son pouvoir et viendrait incessamment venger la patrie et les injustices qu’on lui avait faites*. Curion présenta cette lettre, le premier janvier de l’année 49, au Sénat et aux nouveaux consuls Cornélius Lentulus et Caius Claudius Marcellus. On en interdit la communication officielle ; mais les tribuns Q. Cassius Longinus et Marc Antoine, autre Curion, forcent de la faire; ils ne purent toutefois obtenir qu’on votât sur la proposition qu'elle contenait. Ce fut en vain que Calidius et Rufus proposèrent que Pompée allât dans sa province pour que
1. Phil.irque, Fie de César, ch. x\xi. — Appien, Guerres civiles, I. Il, ch. XXXII. — Suétone, Fie de César, ch. xxix. — Velléiua Palerctilus, 1. Il, ch, XLIX.