‹ Le grand perturbateur romainChapitre 171 sur 277 · Guerre civile^ 1. III, ch. ui · texte numérisé non relu

Guerre civile^ 1. III, ch. ui

3. I>ion CBüHiuti, I. XLI, ch. lv. — Vie de Pompée^ cli. L\iv.

Digitize-d by C^OO^Ie

IIISTOinK DE r.l-'lSAn. 27!»

(le Pompc'e. Quant aux subsistances, elles étaient en nombre dans rarmce de Pompée. Il était le maître des mers.

Afin d’habituer à l'unité du commandement, ainsi (ju’à une action collective réglée, celte masse bigarrée formant son armée. Pompée avait, en personne, exercé ses troupes pendant l’été'. En automne, il leur fil prendre leurs rpiartiers d’biver à Dyrrliachium, à Apollonia, dans plusieurs localités de la Thcssalie et do la Macédoine ; la flotte devait surveiller la mer. Le quartier général était établi à Thessaloniquc, où était aussi le siège delà Rome extérieure. C’était là (|u’élait Pompée, entouré des nobles et des grands de Rome, ainsi que des princes alli(')S. C’était là que se tenaient les conseils de guerre et c’était là aussi (ju'on cherchait à reconstruire les formes du gouvernement romain. A Thessaloniquc se trouvaient les consuls, reconnus seuls légaux par les partisans de Pompée; là aussi s’assemblaient les sénateurs qui avaient fui Rome et qui composaient le seul sénat constitutionnel*. Maison n’avait pas élu à Thessalonique les magistratures inférieures comme la loi le voulait, en sorte qu’à la fin de l’année 4M, les fonctions de ces magistratures étaient exercées par les consuls, les prêteurs et les questeurs, comme proconsuls, propréleurs et proquesteurs.

Tandis que Pompée hivernait à Thessalonique, il négligea la garde des côtes, car il croyait que César ne pou-

1. Appien, Guerres civileSy I. 11, ch. xux. — Plutarque, Vie de Pompée^ ch. LXIV.

V. Dion Cassius, 1. XLT, ch. xuit. — Appien, Guerres civiles^ I. H, ch. i.ii.

HISTOIKE DE CÉSAR.

vait point encore ôlre de retour en Italie de sa campagne d’Espagne'; il pensait en outre que, dans le cas contraire, il n’aurait pas la témérité de traverser le golfe d’Ionie en hiver.

On ne prit donc pas les précautions les plus vulgaires pour couvrir les côtes. Mais César, sans ménagement pour ses troupes, les exposait témérairement, ne craignant pas les dangers d'une navigation d’hiver, ni d’autres difficultés qui en devaient être les conséquences; il embarqua à Brundusium la moitié de son armée seulement, faute de vaisseaux, et traversa, au milieu de l’hiver et au commencement de l’année 48, le golfe d’Ionie, sans être rencontré par Marc Bibulus, l’amiral que Pompée avait commis à la surveillance des mers. Il débarqua le lendemain dans l’Illyrie méridionale, à la frontière d’Épire, sur le promontoire Âcrocéraunien, non loin de Palæste, à environ 700 stades ou 129 kilomètres de Brundusium. A une petite distance au nord, à Oricum. hivernait une petite flottille-, et au sud, dans l’îledeCorcyre (Corfou), se tenait M. Bibulus. Il avait trouvé superflu d’établir des croisières : il reconnut plus tard les effets terribles de sa négligence.

L’ennemi avait débarqué, l’armée de Pompée était éparpillée, et le commandant en chef était à Thessalonique, ne se doutant de rien. Bibulus vo'ulut réparer sa faute par un coup d’audace. Il y avait lieu d’admettre que toute l’armée ennemie n’avait point passé le dé-

1. Ciiar avait étë (rèa-actif; au mois de Juillet il avait paisd te Rubicon, au mois d’aoiU it fut maître de toute t’italie, au mois d’octobre de l’Espapne cl de Marseille, et au mois de novembre enfln il lUait dictateur A Rome.

HISTOIRE DE CÉSAR. 2Sf

Iroil : consterné et décidé à venger sa faute dans le sang, il prend la mer et brûle trente vaisseaux de César avec les équipages. Ces vaisseaux retournaient en Italie pour aller chercher le reste des troupes de César.

■ Les amiraux, sous les ordres de Bibulus, sortirent des ports; ils se répandirent, à partir d'Oricum au nord, jusqu’.i Salone en Dalmatie, et cherchèrent à désarmer les partisans de l’ennemi sur les côtes et dans les îles. Mais cela ne réussit pas partout. Marc Octavius s’empara de l’ile d'Issaqui appartenait à la Dalmatie; les citoyens romains de Salone se défendirent, aidés de leurs esclaves, et, après avoir pris d’assaut ses cinq camps, ils le forcèrent à fuir. Il se retira à Dyrrhachium '.

Cette ville était le dépôt d’armes de Pompée, qui y avait en outre accumulé une grande partie de subsistances : elle devait par conséquent tenter César, et il en fît effectivement le but de ses premières opérations. Il se hâta donc d’y arriver avant Pompée. Les habitants des côtes eurent confiance dans l'audace et le bonheur de Cés.ar. L. Torquatus, qui tenait Oricum, fut obligé de se rendre à l’ennemi, parce que la garnison ne voulut pas combattre le consul. Knsuite, L. Stabérius se mit en devoir de défendre Apollonia. Il en fortifia la citadelle et demanda des otages à la ville ; mais elle les refuse et le général pompéien est obligé de fuir. Les habitants de l’Épire envoient de toutes parts des députés à (’ésar pour lui demander ses ordres ^ Pompée avait quitté Thessalonique et s’était rapproché des

Page 1