CHAPITRE PREMIER. S
sur Jugurtha, sur les Cinabres et lœ Teutons, et enfin sur Mithridale. Dans la guerre d’Afrique, il établit sa réputation de capitaine ; dans la guerre avec les Germains il la consolide davantage, et en Asie où il commanda en chef comme consul et proconsul, il se distingua comme un des plus grands généraux de son pays. Il arriva un moment où le bruit des armes cessait , mais où la paix n'amenait pas la tranquillité; il fallait affermir et étendre cette paix , il fallait surtout donner une constitution aux Romains ou au moins, restaurer celle qui aurait existé. Nous avons vu que Sylla s’était rendu maître de Rome le 1" novembre de l'année 82. Ses ordres de mtse hors la loi dataient des derniers jours de novembre ou des premiers jours du mois suivant. Il ne pouvait pas décréter de lois comme simple particulier ; ses lois de proscription ne concernaient que les biens des proscrits ; elles furent confirmées dans les comices par centuries, lorsqu’il fut dictateur. A son retour de Præneste, Sylla avait convoqué une assemblée populaire dans laquelle il déclara qu’il améliorerait l’état du peuple si les Romains voulaient le suivre. Quant à ses ennemis, aucun ne devait espérer son pardon, il les poursuivrait jusqu’à leur dernière goutte de sang; il poursuivrait aussi les questeurs ainsi que les préteurs et les tribuns, et enfin quiconque les aurait servis, à partir du jour où le consul Scipion avait manqué à sa parole L’ordre était loin d’étre rétabli à Rome et dans le reste de l’Italie. Dans ces guerres civiles, la licence effrénée des marianistes et de Cinna fut imitée par le parti conservateur: dans les moments révolutionnaires, les lois sont nulles, les passions