I. Di»n CapsUin, 1. XLIIl, l’ii. il.iv
IIISTOIHE l)K CfiSAn.
alla nièine plus loin dans la flatterie : on donnait ce n)ùme titre aux fils pt petits-fils de César, quoi(pi’il n'eût point d'enfants. Celle hérédité était un acheininentont à la royauté. On lui permit seul de triompher dans l'avenir. Si le sénat césarien avait blessé l'auguste niajeslé des dieux par bon nombre de scs décrets, il blessa encore le sentiment moral et social des hommes qu’il osa déshonorer dans leur famille. Calpurnie étant restée stérile, le sénat n'eut pas honte de penser à la proposition d’une loi qui permettrait à César de considérer tontes les femmes romaines comme ses épouses ' ! 11 n’y a pas de nom à donner à une telle extravagance. Ce maniement du trésor public découlait de la tutelle militaire exercée par César : on lui remit la direction de ce trésor. Maître de l’armée et des finances, i| avait les deux plus puissants ressorts du despotisme qui naissait. César avait été revêtu du consulat durant plusieurs années consécutives : à son retour d’pspagne, il se fil nommer à cette magistrature pour dix ans et dictateur à vie; qu’on ne l’oublie pas, c’était loiijours Ip sénat césarien qui décrétait, et qui décrétait encore que César serait préfet ou censeur des mœurs tant qu’il vivrait. 11 devait aussi exercer toutes les prérogatives des tribuns du peuple. Comme préfet de? mœurs, César pouvait composer le sénat et l’ordre équestre selon son bpn plaisir. Ce sénat voulut aussi
1. Dion Cauhis, I. XLIV, ch. vu. « Dans une ville où la violence faite à Lucrèce avait aulrefoia ««oiilevè tous Icft esprils contre Tarquin, on dètihère actuellement de donner à Cè^ar un empire abcotu 9iir la pudeur do tmilcâ li»8 femmes romaines. » (Mably, Obsen'utionK sur tes ^lomainf), 1. Il, p. •'108 Edition de 1794, Tome IV des Ofin’rw,
HISTOIRE DE CÉSAR