CHAPITRE-PBEMIER
Le lemps était arrivé où le dictateur pouvait penser aux lois et à la constitution qui devaient rétablir la tranquillité et la prospérité. Sylla ne voulait pas la restauration pure et simple de l’ancienne constitution. Témoin des désordres sans nom et sans fin qu’avait amenés le gouvernement dit populaire, dans lequel ses chefs pouvaient bavarder à la tribune et s’enrichir à l’aise, tandis que le peuple tombait de plus en plus dans la misère, Sylla voulait établir une nouvelle aristocratie et adoucir la tyrannie qu’exerçait la ville de Rome sur les provinces et sur les États des alliés. Ensuite , il voulait former une alliance entre l’aristocratie régnante et les habitants des provinces pour se défendre contre la populace de Rome, contre l’ordre équestre et la noblesse nouvelle qui s’en était élevée. C’est à ce sujet que se rapportent la loi Cornelia rcpelundanm, la loi Cornelia de falso, la loi de Sicariis. Dans le même but, il rendit la loi Cornelia de provinciis ordinandk, la loi Majcstatis, dirigée contre ceux qui violeraient ou blesseraient l’autorité de l’empire romain. Sylla fut le créateur d’un droit criminel nouveau, plus complet que celui qui existait avant lui , et le plus propre à satisfaire aux exigences de l’époque ; sa législation a également embrassé l’organisation des tribunaux.
A l’avenir, le sénat, et non le peuple, devait être le corps politique le plus élevé de la république. Sylla enleva leur influence législative aux tribuns; les sénateurs seuls devaient être revêtus de cette dignité, et par l’acceptation du tribunat, on était exclu de toute autre magistrature. Le droit d’appellation fut enlevé aux tribuns , celui d’intercession limité à de certains cas et soumis à la décision du sénat. Sylla augmenta le sénat de trois oents