I. Dion Cassius, I. XUV, ch, xxxr
HISTOIRE DE OESAR.
modernes, ont pensé que les bassesses auxquelles étaient descendus les sénateurs, n’avaient été qu’une politique habile, destinée à rendre César odieux. Mais c’est une erreur, puisque le sénat rendit après la mort du dictateur ce décret absurde par lequel il approuve et condamne à la fois César et ses lois, il approuve et condamne à la fois les conjurés, les vengeurs de la liberté. «Quelle absurde contradiction! écrivait Cicéron, on porte aux nues ceux qui ont tué le tyran, et on maintient les actes de sa tyrannie! Vous voyez ses consuls, vous voyez ses magistrats, si magistrats il y a; vous voyez la torpeur des gens de bien*. »
Ce même jour de l'assemblée du sénat dans le temple de la Terre, le 17 mars, on entendit pour la première fois depuis longtemps la voix de Cicéron dans l’assemblée populaire, lorsqu’on y fit connaître les décisions du sénat. Dès le matin du 15, sous prétexte d’exercices gymnâstiques, Brutus avait rassemblé un nombre considérable de gladiateurs dans le théâtre de Pompée*, mais en réalité, pour prêter main-forte contre le sénat, si le sénat faisait raine de défendre César. Ces gladiateurs formèrent une sorte d'armée dévouée aux républicains.
Tandis qu’on délibérait au sénat, Brutus et Cassius avaient invité le peuple à venir s’assembler au Capitole; Brutus le harangua : mais il s’adressa plus particulièrement aux vétérans, auxquels il assura la paisible possession des terres et des biens que César leur avait donnés.