‹ Le grand perturbateur romainChapitre 253 sur 277 · Dion CauiuB, I. XLIV, ch. xvi · texte numérisé non relu

Dion CauiuB, I. XLIV, ch. xvi

HISTOIKE DK CESAR. 4H

Les paroles de Brutus furent favorablement accueillies. Le peuple manifesta le désir de voir les conjures, les restaurateurs de la liberté romaine, comme il les nommait. Mais ceux-ci, craignant la vengeance de leurs ennemis, demandèrent des otages. Antoine leur envoya son jeune fils avec le fils de Lépidus. Arrivés sur le Forum, Brutus, Cassiuset leurs amis furent reçus de la foule avec des acclamations approbatrices ; Rome tout entière paraissait faire cause commune avec eux* : la foule demanda qu’en signe de réconciliation sincère et complète, les consuls les embrassassent. Lépidus devint ensuite l'hôte de M. Brutus, frère de sa femme, et Antoine invita Cassius à venir souper chez lui. La concorde paraissait donc rétablie à la fin de cette journée; mais elle ne fut qu’apparente et simulée par crainte des amis de César.

César, étant dans sa terre de Lavicum (à vingt kilomètres sud-est de Rome, aujourd’hui Colonna), sur la voie Latine, avait écrit son testament le 13 septembre de l’année 45 et il avait confié ce testament à la première des Vestales. Dans la nuit du 1 5 au 1 6 de mars, Antoine s’était saisi de cette pièce avec les autres papiers du dictateur. La publicité de la dernière volonté de César parut à Antoine un bon moyen de faire naître la pitié et le deuil pour la mort de César, et cette pitié et ce deuil devaient ensuite se traduire en vengeance et en fureur contre les républicains. Le testament fut ouvert et lecture en fut faite dans la maison d’Antoine. R nommait trois héritiers : c’étaient les petits-fils de ses

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