Idem
ciiSAi:
élever, pour le temps d’une exposition supplémentaire, des portiques où il étala aux yeux du peuple une partie des nombreuses curiosités qu’il avait rassembl''’'' . Au nombre de ces curiosités, il y en avait beaucoup d’inutiles et sans valeur. César n’avait point de goût. Comme tout Romain, il n’aimait que la pompe matérielle, que la pompe pour les yeux, qui ne touche en rien l’âine. Il avait une passion démesurée pour les choses précieuses sans valeur intrinsèque, mais seulement relative et arbitraire. 11 aimait, par exemple, les grosses pcHes qu’il prenait plaisir à comparer pour la grosseur et à peser dans sa main. César ne concevait pas le beau; il n’avait point le sentiment des beaux-arts; quand il élevait un des rares édifices qu’on lui doive, c’était par ostentation et pour la commémoration d’un fait qui avait coïncidé ou concouru à son élévation personnelle. Sous la direction d’un homme aussi dénué du sentiment de la véritable grandeur, le goût se corrompit au degré où Thistoire nous le montre dans les derniers temps de la République. Un chef d’Etat est responsable de ce qui se passe sous son administration. S’il n’a pas de goût lui-même, il faut au moins qu’il possède ou acquière le tact de choisir, |xnir la direction des choses qui doivent être empreintes du beau et de l’harmonie, des hommes haut placés dans l’estime et l’opinion publiques. S’il agit autrement, s’il a des prétentions personnelles non fondées, le goût en reçoit de rudes atteintes et finit toujours par s’abûtardir.
Les ennemis de César étaient dans l’impuissance de contrarier scs projets, quoiqu’il ne fût pas intimement lié ;vec Pompt'c, le plus considérable parmi les grands, et le guei rierle plus loué de l’opinion : ce fut précisément cette