‹ Le grand perturbateur romainChapitre 40 sur 277 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

liaison qu’il écarta jusqu’à ce qu’il se fût l'ait un parti dans la suite du héros, et qu’il fût arrivé à ses fins. Pompt'e voulait commander souverainement par le .sénat et la loi, il voulait les dominer; mais il souleva contre lui la jalousie et la crainte de la monarchie. On lui résista. Cela fit naître en lui la méfiance et des sentiments d’hostilité (jui le forcèrent de passer au peuple. Pour lui, ce pas était sans eflicacité ; mais César lui donna do l’influence , .sans avoir de jalousie ni de crainte. Client ou favori humble, il laisse mettre de côté par un autre le sénat et les lois, se fait frayer le chemin par lequel il compte s’élever. Quant à la haine, elle frappe de préférence le consulaire, l’apostat, aiupiel revient tout l’odieuv d'une puissance partairée, tandis que lui, Ci'*sar. dont le doi"t invisible diri.yeait toutes ses démarches, passait encore à Péfxique du triumvirat pour moins dangereux.

Peu apri's .son retour à Rome, en ranné*e 07, César épou-sa Pompéia jielite-lille de Sylla par Cornélie sa fille, mariée à Q. PomjK;e Uufus, tué en iS8 h l’instigation du tribun Sulpicius. Une alliance par mariage avec la famille de Pompi.-e le Grand devait sembler susjx'cte h ses adversaires dans les conjonctures actuelles. Et quand César donna plus lard la main de .sa fille Julie à Pompée, ipiand il épousa au mémo moment Calpurnie, fille de F.. Pison, et qu’ensuite il rechereba la main de Pomjx'-ia, fille de son gendre, il no pouvait plus rester de doules sur les vues iioliliques de semblables alliances. Le lien de la parenté fut encore consolidé jjar des .services essentiels, qu’ils .se rendaient mutuellement.

Sti’’înnf’, ÏVe de i'èsar, rh. >i. — IMutan|iü\ Vie de César, tli.

CÉSAR

Aussi longletups que les Rhodietis entretloretit uue armée de tette et une marine considérables, ils firent la policé des mers. S’ils ne purent pas empêcher entièrement la piraterie exercée par les nombreuses villes maritimes des côtes méridionales de l’Asie Mineure, ils leur imposèrent cependant certaines bornes. La Jalousie des Romains ne permit plus de Hottes étrangères dans ces parages) c’est surtout après la destruction de Corinthe et de Carthage que la piraterie devint un métier lucratif. Les Villes et les Iles qui s’y adonnaient avalent contracté des ligues réelles, protégées contre les rois de Syrie par ceux d’Êgypte et de Chypre , avec lesquels ils étaient constamment en guerriî. Phasélis , sur la côté orientale dé la Lycie , et Üélos , étaient des marchés d'esclaves où l’on en vendait quelques fbis dix mille dans une journée. Tant que les Romains ne souffrirent pas de ceS désordres, ils les tolérèrent ; car Ce fut même par ces pirates qu’ils obtenaient leurs esclaves domestiques, d'origine syrienne, grecque, etc., et qui avaient une cuiture intellectuelle indispensable à leur luxe. Mais il arriva une époque ob là nature phénicienne des habitants des côtes de la Carie, de la Lycie, de la Cilicië, de l’îsaurie, et enfin de l’tle de Crète, se réveilla dans toute sa brutalité, favorisée de plus par les encouragements que lui donna Mithridate. Ces pirates ligués se rendirent maîtres de quatre cents villes ; ils eurent même l’audace de visiter les côtes de l’Italie et de la Sicile; sous les yeux de la capitale, ils osèrent attaquer le port d’Ostie ; ils enlevèrent avec d’autres prisonniers Anlonia, fille du sénateur Antonius; ils pillèrent les temples d’Actium, d’ÉpidâUre, de Calaurie, deTénare, de Samothrace, de Samos, etc., etc. C’est en vain que le proconsul P. Servilius défait en 78 les

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tsaurieos eti Gllicie 6t enlève plusienfs vlllei Itf* pirates *. Lé commerce et toutes les trtmsaetionB loaritiflies sont arrêtées; le prit des marchandises monte sans cesse; une disette enfin menace Rome. En Tannée te tribun du peuple Aulus Gabinius, proposa, soit de Iui>méme, soit h l'instigation de Pompée, qü’üh des COttStllalfM fût investi pour trois ans, avec Une autorité absolue et irresponsable, du commandement des mers ët de toutes les cOtes de ta Méditerranée jusqu’à quatre cëots stades dans Tlutérieur *. La rogation de Gabinius fUt adoptée, sauf par le sénat, et Ton nomma Pompée.

Pompée, qui ne se trouvait paS à Taise dans ia position d’ami et même de fevori du peuple, avait désiré de nouveaux. exploits guerriers pour rafVatchir ses lauriers fanés. César Tavait encouragé dans ce désir *. il le seconda parce qu’il craignait qu’uh séjour prolongé de Pompée dans Rome n’aboutit à le réconcilier avec le parti conservateur, et secondement, parce qu’il n’était point encore eft état lui-méme de soutenir seul la lutte contre l’aristocratie, 11 ne pouvait oser quelque chose que protégé par PotUpéé} et son égide le couvrait, soit de loin, soit de près. L’absence de Pompée avait même cet avantage pour César, que, lui présent, il attirait d’autattt plus sur lui-même Tattention des Romains. II était donc de son intérêt que Pompée s’élevât encore, en dépit de Taristocralle, et qu’il quittât Rome. En ami perflde, il servit donc le caprice de Pompée, qui consistait, ainsi que nous l’avons dit, h désirer un commandement à l’extérieur.

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