‹ Le grand perturbateur romainChapitre 51 sur 277 · Dion Cassius, liv. XXXVli, cli. xxxvii · texte numérisé non relu

Dion Cassius, liv. XXXVli, cli. xxxvii

2. Suétone, Vie (le César, ch. siii. — Plutarque, Vie de Céear, ch. ni.

CÉSAH.

de paroles et d’actions, pourvu qu’il aboutit à ses fins. Il savait s’infliger une humiliation passagère en vue de sa puissance future, et ne rougissait pas de feindre, pour un moment, le très-humble serviteur auprès de ceux qu’il espérait dominer dans l’avenir » Dans l’élection en question, il eut sur ses compétiteurs cet avantage, de réunir plus de suffrages dans leurs propres tribus qu’ils n’en curent ensemble dans toutes les autres. Mais pour cela il avait répandu l’argent avec une telle profusion qu’elTrayé de l’énormité de ses dettes, il avait bien pu dire à sa mère les paroles rapportées plus haut. Et pourquoi avalt-il brigué cette magistrature à vie? Pour s’en servir comme d’une puissance contre la noblesse ou le parti conservateur. Et ainsi, la religion même, ce qu’il y ado plus saint au monde, devait être traînée par lui jusque dans la fange de son ambition.

Tandis que César ruinait par tous les moyens possibles, en ne se donnant jamais un moment de relâche, l£^ liberté, la République et l’ordre social tout entier ; tandis que Pompée, dans son omnipotence, décidait en Orient du sort des rois et des empires, qu’il fondait de nouvelles villes, qu’il en métamorphosait d’anciennes, il se tramait silencieusement à Rome une révolution qui, si elle n’avait point été arrêtée, aurait sans nul doute anéanti les espérances de César et les triomphes de Pompée. Celui qui la fit avorter, n’était point militaire, point sénateur; mais, orateur d’une grande éloquence, il avait déjà fait condamner Verrès, ce gouverneur de la Sicile, qui l’avait volée et pillée de la manière la plus odieuse et la plus

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