I. Cicprn, nd Allicum, I, XVIII, XIX
Dion C.iusius, lir. XXXVH, ch. c. — Plutarque, Vi$ de Caten le jeune, ch. xxxi.
CÉSAU.
cié son armée. Suspect au peuple, haï momentanément du sénat. Pompée était à cette époque en danger de voir s’anéantir tous les fruits de sa carrière passée, c’est-à-dire la paisible domination sur l’empire romain tout entier. Il fut donc forcé de chercher le moyen de maintenir sa considération. César lui en offrit un. Mais avant de poursuivre notre récit, nous allons décrire le triomphe de Pompée, ce qui contribuera à faire connaître l’orgueil et le luxe de la société romaine à celte époque.
Le triomphe de Pompée fut la dernière lueur somptueuse de sa gloire; il dura deux jours, le 29 et le 30 septembre de l’année 61 , Pompée avait alors 45 ans. \ja premier jour * , on promena les grands tableaux qui exposaient le programme de la fête. Ils contenaient, indé|Hmdamment de la commémoration de la guerre des pirates, des rois Milhridale et Tigrane, le nom des pays que Pompée soumit et sur lesquels il triompha ; l’île de Crète y figurait, ce qui tournait es ridicule le triomphe de Métellus le Crétois *. Ces tableaux faisaient savoir qu’il avait pris 1,000 châteaux fortifiés, 900 villes et 800 vaisseaux; qu’il avait peuplé 39 villes, élevé le revenu du trésor public de 50 à 85 millions , dé|30sé dans le trésor de la souveraineté 20,000 talents, sans compter les 16,000 distribués aux troupes, à Éphèse. Une suite nombreuse de chars contenaient le reste du butin, tels que : armes , proues de navires, œuvres d’art de tout genre et curiosités précieuses. On y admirait aussi l’écrin du roi de Pont, non le premier qu’on vît à Rome, mais le plus