CHAPITRE H
splendide ; un jeu de trictrac avec des dés , exécuté dans deux pierres fines, et cependant large de trois pieds et de quatre de longueur, de sorte qu’on avait pu l’orner d’une lune en or pesant trente livres ; trois sophas pour salle à manger, d’un grand prix; des coupes en or enrichies de pierreries, et pouvant garnir neuf tables à boire ; trentetrois couronnes de perles; trois statues en or représentant Minerve, Mars et Apollon; la représentation d’une montagne carrée en or , ornée de cerfs, de lions et de fruits de toute espèce, et ombragée par le cep de vigne en or, offert par Aristobule ; un petit modèle de temple des Muses avec une horloge dans son fronton ; un lit de repos, dit avoir appartenu à Darius Hyslaspe; des vases murrhins (en fluorine) ; la statue en argent de Phamace, roi de Pont, conquérant de Sinope et contemporain de Philippe III de Macédoine. On y voyait de plus, la statue en argent du dernier Mithridate, ainsi que son buste colossal en or, haut de huit coudées, avec son trône et son sceptre. Venait ensuite le buste de Pompée lui-même, en perles fines, luxe propre à faire expirer ce triomphe des armes en triomphe de somptuosité, luxe indigne d’un homme qui attirait sur lui le respect et la vénération de tous les peuples, superfluité si coûteuse, et bonne seulement pour des femmes ; mais peut-être fallait-il voir dans ce buste un présage de la colère des dieux ; car, bien que chargé des richesses de l’Orient, ce portrait pouvait donner à penser que bientôt le corps de Pompée serait privé de la vie, comme au buste mancpiait le reste du corps Le règne végétal aussi devait fournir son contingent : on vit à Rome pour la première