‹ Le grand perturbateur romainChapitre 8 sur 277 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

bliquc du droit de citoyen romain, était personnellement frustré des moyens de défendre sa commune dans les conseils relatifs à scs droits et à ses intérêts. Toutefois, ce préjudice se compensait par le patronage des grands de Home que les villes recherchaient; ensuite, l’exercice de ce droit était pour la plupart d’entre eux très-pénible et coûteux, à cause de l’éloignement du centre du gouvernement, de sorte qu’ils renonçaient ordinairement à ce droit, quand même il leur était accordé. Les alliés visitaient bien plus souvent les comices dans l’intérêt des puissants que dans le leur propre. Ils briguaient surtout les prérogatives du droit privé de citoyen romain, après avoir obtenu le Jus mmiibii et commercii. Car l’absence de ce droit élevaitentre eux et les Romains une barrière qui froissait journellement les intérêts les plus directs des individus. Les étrangers [peregrini) habitaient avec les Romains et avaient avec eux de nombreux rapports sociaux. Des mariages mixtes entre Romains et alliés étaient fréipients; Romains et étrangersseveiidaientels’achelaienldesbieus-fondsselon les besoins réci[)roques. 3Iais les conséquences légales d’un mariage entre Romains faisaient défaut dans les mariages mi.vles. Les rapports des alliés avec les Romains dans les transactions de la vie étaient privés de la protection réelle, sérieuse des lois romaines, qui assuraient l’égalité des relations entre Romains. Ces déplorables rapports, (jue toute heure rappelait au souvenir des alliés, et qui les écrasait, furent la cause capitale, impérieuse pour laquelle ils s’efforcèrent d’obtenir le droit de citoyen.

A plusieurs reprises, des ouvertures avaient été faites, qui leur donnaient l’espoir de voir enfin la réalisation de leurs désirs, et cela par les chefs du parti démocratique.

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CÉSAR

transfuges de la noblesse, mais malheureusement moins soucieux de la cause des alliés que de leur intérêt personne!. Fulvius Flaccus vers 123, fut le premier qui incita les alliés d’une manière notoire à exiger le droit de citoyen romain ; on sait qu’il périt avec CaTus Gracchus. Mais le triomphe des grands sur le parti populaire fit évanouir l’espoir des alliés, pour le moment; et plus tard, la loi Licinia Mucia ® de l’année 95, loi très-intenipeslivc, qui ordonnait des recherches minutieuses sur la pureté de la bourgeoisie, l’exclusion, dans les comices, du vote de ceux qui n’y avaient pas droit, les convainquit que jamais on ne leur accorderait le droit de cité volontairement.

Dès lors, l’indignation des alliés devint plus générale et plus intense : ils prirent aussi la résolution d’arracher par la force ce que l’iniquité les empêchait d’obtenir par des voies pacifiques. La guerre des alliés, ou guerre sociale contre Rome, éclata en l’année 90 et dura deux ans : il y périt plus de trois cent mille hommes ®, la fleur de l’Italie. Rome se sauva uniquement en cédant; elle eut l’habileté de décréter, dès la première année de la guerre, la loi Julia^ par laquelle le droit de cité était accordé à tous les États alliés qui n’avaient point pris part à la révolte. L’année suivante, elle accorda ce même droit à ceux qui déposeraient les armes. La plupart des alliés se soumirent à cette condition, et lorsque Sylla fut nommé consul en l’année 88, la guerre était presque terminée; toute l’Italie,

1. Appien, Guerres cmltt, IW. l,ch. xxi, xxni, xxut. — Valère Maxime, Ht. IX, cb. t, I. — Velléius Paterculus, Ht. II, ch. n, ti.

S. Des déni consuls Licinius et Mucius Scaerola. Cic. Brui., xvi; pro Balbo, XXI, xxiTi — Of^C; Ht. UL cti- xi- Asconlos, w Cornet., p. C7{ ed., Orell.

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