CHAPITRE XIII
L'Emission des. Obligations Mondiales
La clause 5 du traité de paix stipule la façon dont on doit calculer le total de cette émission d'obligations, que nous estimons, par exemple, à mille milliards. Mais si Ton pense que les nations du monde peuvent suflBre à leurs besoins, en prenant à leur charge la moitié des frais de la guerre, rémission pourra alors n'être que de 500 milliards. Et même cette simple somme, ouvrirait des possibilités innombrables de richesses au seul moment, dans toute Thistoire, où un gros volume d'argent sera nécessaire. Et par le désarmement, cette émission de moindre importance pourrait être remboursée en 50 ans.
Il ne peut y avoir de doute que cette émission
d'obligations, sur laquelle chaque nation émettra son papier-monnaie, sera la meilleure valeur jamais émise au monde. Et le papier-monnaie émis sur ces Obligations sera le meilleur papier-monnaie du monde il sera égal à celui émis sur une réserve d'or. Quant à la prime payée au moment du tirage, elle le rendra meilleur que de Tor pour T usage dans les relations internationales.
Si rémission était de 500 milliards, la moitié de toutes les valeurs de guerre pourrait être rachetée, et ceci réduirait de 50 % l^s charges d'intérêts de chaque nation, permettant une grande réduction des impôts pendant les 50 années qui suivront. De plus, le total des valeurs ou obligations de guerre étant réduit de 50 la balance de l'émission pourrait être remboursée à 3 1/2 ou 4 avec une grande économie d'intérêts.
Cette émission d'Obligations selon la Grand Plan unit toutes les nations dans le but de réparer les ravages et la destruction causés par la guerre. Des plans séparés, isolés, ne pourront produire les résultats désirés. De même que des nations s'unissent dans cette guerre, le monde entier doit s'unir dans
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]a paix et de même que sur le champ de bataille la vie des blessés dépend de la rapidité dont on leur porte secours, de même, dans chaque nation, lorsque la paix viendra, si un secours financier n'est pas immédiatement disponible, la vie même du monde industriel sera en jeu. La méthode dont ce secours sera apporté doit être décidée dès maintenant, afin que, le moment venu, elle tombe automatiquement en place.
Après la guerre, nous devrons nous arracher des griftes du passé. Lorsque cette guerre sera finie, il y aura un monde nouveau et nous devrons nous adapter aux conditions nouvelles. Le bonheur futur de tous les peuples dépend de la rapidité avec laquelle ce fait sera compris et un plan adopté pour subvenir aux besoins de la paix.
Ce que la fortune par tête était avant 1914 n'a rien à faire avec ce qu'elle devra être en 1919. Essayer d'obliger les ouvriers à revenj^^ aux salaires d'avant-guerre sera aus^i impossible que d'essayer d'obliger un papillon à redevenir chenille. Il sera également impossible d'essayer de payer les dettes des nations autrement que par le Grand Plan.
Mais par le Grand Plan les avantages de cent années de paix sont prévus et capitalisés, et les générations futures aideront à payer les frais de cette guerre. Il est, en effet, tout-à-fait raisonnable que, si la paix est établie et maintenue par le Grand Plan, les générations futures supportent leur part d'une guerre dont cette génération-ci a supporté les souffrances et les plus pesants fardeaux. L'émission d'obligations réclamée par le Grand Plan est faisable et établit et assure des années de prospérité qu'aucun autre plan ne peut offrir.