CHAPITRE XIV Le Fonds d'Amortissement
Il est dépensé dans le monde plus de cinq milliards par an pour les assurances contre l'incendie, et une somme beaucoup plus forte pour les assurances sur la vie. Ces primes sortent des poches des particuliers. Le Fonds d'amortissement pour le remboursement des obligations projetées doit être alimenté par les économies que ce plan permettra de réaliser ; il peut très bien être qualifié a d'assurance contre l'incendie » puisqu'il libérera le monde du danger des bombes incendiaires ; d' (( assurance contre les accidents » puisqu'il épargnera à ceux qui navigueront le danger de torpillage par les sous-marins ; enfin d' « assurance sur la vie » puisqu^il écartera le danger de voir la guerre pra-
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tiquer comme aujourd'hui des coupes sombres dans les vies humaines.
Cependant, tous ces bienfaits ne coûteront pas un liard aux nations, tous les versements de chaque nation provenant de Téconomie annuelle inaugurée par le Grand Plan. Et un plan qui libère le monde entier de ses dettes de guerre, par rétablissement d'un fonds d'amortissement constitué par des économies seulement, doit être vraiment un Grand Plan ! Pas d'impôts nouveaux pour constituer ce fonds, mais au contraire, dans chaque nation, le retour presque intégral aux impôts d'avant-guerre!
Toutefois, supposons que les économies de chaque nation ne soient pas suffisantes pour constituer le Fonds d'amortissement nécessaire. Il suffirait alors que chaque nation consentît à payer au Trésor international 1 franc par tête d'habitant, afin de combler la difïérence. Un impôt sur le timbre, ou tout autre impôt indirect fournirait le revenu nécessaire, dans des conditions q ai seraient à peine ressenties. .
Cela n'en vaut-il pas la peine ? Qu'y a-t-il, dans la vie, de plus appréciable que la paix et la prospé-
LE FONDS D AMOKTXSSEMENÏ
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rité universelles — prospérité si grande qu'elle pénétrerait dans tous les recoins de la terre? Qui ne désirerait payer vingt sous ou même cent sous par an pour être assuré de la paix universelle — paix garantie par la plus puissante combinaison que Ton puisse concevoir : le Monde confédéré, les Etats- Unis du Monde? Quelle somme pourrait paraitre trop élevée, lorsqu'il s'agirait de concourir à un but aussi inappréciable ?
Ce plan fait du Fonds d'amortissement un trésor de richesse. Il fournit une quantité surabondante de monnaie, pour le règlement des dépenses de guerre de toute sorte de chaque nation, cai^ teut vaisseau de guerre, tout engin de guerre restant aux mains d'une nation quelconque, qui l'a construit ou acquis depuis le 1^^ août 1914, appartiendra au Monde confédéré, lequel pourra le détruire ou le vendre et en emplover le produit ou les matériaux au développement pacifique du monde. En vérité, l'épée deviendra la charrue. Et cependant cette grande richesse — dont le nouvel usage procurerait des avantages inouïs, permettrait de restaurer les villes détruites, de secourir les malheureux, de
reconstituer la flotte marchande perdue, d'atteindre un développement industriel sans précédent— serait impossible, arrêtée par d'infranchissables barrières, si le monde continuait à tenir en main le glaive de la paix armée.
Devant la famine en vue pl>ur plusieurs nations, devant les besoins pressants de toutes, devant la nécessité de prendre soin de millions de blessés et d'invalides, de reconstruire les villes, de loger, habiller et nourrir des millions d'hommes, devant le spectre d'impôts si lourds qu'ils opprimeront les peuples et les Etats pendant des générations, est-il possible que la majorité, au moins, des hommes dans chaque nation ne réclame pas ce grand soulagement, le seul qui soit convenable? Et si la majorité le demande, elle l'aura, et ceux qui feraient obstacle seront emportés par le torrent de l'opinion des innombrables besogneux, décidés à revendiquer leur part de cette richesse, décidés à bénéificier, eux et les leurs, des avantages que créera pour tous le Fonds d'amortissement.