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CHAPITRE II

' Le Plan et l'Evolution

Le plan exposé dans ce livre, et dont Tobjet est d'unir toutes les nations de la terre dans un' même effort pour assurer et maintenir la paix, fait partie de révolution. Cette union se réalisera tôt ou tard, aussi certainement que le soleil se lèvera demain. Nous devons tous souhaiter que sa venue puisse être anticipée ; c'est le vœu ardent de Tauteur que les propositions qu'il expose puissent paraître comme le levain qu'une femme prit et versa dans trois mesures de farine pour faire lever la pâte. Il espère que les parties du monde actuellement en guerre s'uniront dans la poursuite du but suprême : la paix universelle.

Les causes de la guerre sont très justement éta-

blies par M. James W. Gérard dans son livre : Mes quatre années en Allemagne. Dans le dernier chapitre, il écrit :

(( N'est-ce pas une honte que le monde ait été à ce point bouleversé, que les hommes pacifiques soient contraints de rester couchés dans la boue et la saleté, au cœur du rude hiver, sous la fusillade, sous la tempête, sous les obus, attendant Toccasion de tuer son sembable innocent? Pourquoi le peuple delà vieille Pologne doit-il mourir de faim, ne trouvant pas assez de chiens à manger dans les rues de Lemberg? Les longues files de paysans abattus en Serbie et en Roumanie ; les populations du Nord de la France, arrachées à leur foyer par les Allemands et envoyées travailler au loin, comme des esclaves ; les pauvres prisonniers de guerre mourant afïamés dans leurs huttes, ou peinant dans les usines et dans les mines ; les cris des vieillards et des enfants déchirés par les bombes des zeppelins ; les lamentations des mères pour leurs fils ; Tébranlement de Tair, comme traversé par les âmes de dix millions de morts jetés dans un autre monde ; — pourquoi toutes ces horreurs devaient-elles s'abat-

LE PLAN ET L EYOLUTiON

tre sur une belle terre pleine de verdure, où nous croyions que Tamour et lespérance, et Tamitié, et le génie, et la science, et le commerce, et la religion, et la civilisation, seraient seuls à régner?

(( C'est parce que dans les sombres et froides plaines du nord de T Allemagne existe une autocratie, qui a trompé un grand peuple, empoisonné les esprits d'une génération à l'autre, et prêché l.a sainteté et la nécessité de la guerre. Et tant que cette autocratie ne sera pas balayée ou réduite à Timpuissance, il ne peut y avoir de paix sur la terre ».

90 pour 100 au moins des Allemands habitant les États-Unis se rendent compte aujourd'hui des erreurs commises par le Vaterland et les voient tout aussi clairement que la plupart d'entre nous. Ils sont désillusionnés, et, très probablement, si la liberté de la presse et de la parole était accordée en Allemagne, nous constaterions que la moitié de la nation allemande est désillusionnée aussi. Rappelons-nous le mot du Président Lincoln : « Vous pouvez tromper tout le monde quelque temps, et un certain nombre de personnes tout le temps, mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout

le temps ». I/auteur estime que, pour la majorité du peuple allemand, le temps n'est plus de se laisser duper.

L'évolution du jugement humain prouve que les nouvelles vérités sont comprises et mises en pratique délibérément ou involontairement. Lentement, au cours des siècles, le monde est arrivé au point auquel le plan décrit plus loin peut être mis à exécution. Dans les premiers âges, il n'existait que de rares tribus ; puis les plus nombreuses s'érigèrent en nations, en vue de leur protection mutuelle, et de ces petits groupements sortirent les grandes nations. Plus tard, la puissance colonisatrice de l'Angleterre vint apporter la paix au monde, — l'extension des États-Unis et la disparition des belliqueuses tribus indiennes. La civilisation progressa, aidée par la vapeur, l'électricité, les relations postales, le câble télégraphique et la télégraphie sans fil, qui rapprochèrent les conceptions et les idéaux, à un tel point que la Paix Universelle fut un fait établi. Nous étions sur le point d'avoir la paix sur terre, et les hommes étaient enclins au bien. Seules, en travers du chemin, restaient l'autocratie aile-

LE PLAN ET l'ÉVOLUTION

mande, trompant le peuple, ayant soif de domination universelle, et Tautocratie russe, satisfaite de sa puissance militaire.

Cette guerre fit partie du processus de Tév^olution — le monde combattit contre ceux qui lui barraient la route. Des hommes tels que Heinrich Treitsclike ne sont que la réincarnation de Tesprit de Tâge de pierre. (( L^soldat allemand qui massacre un Slave, dit-il, fait plus pour le germanisme que Técrivain politique le plus doué intellectuellement. » •

L'injustice peut paraître triompher, mais son heure est de courte durée. L'Alsace et la Lorraine ont fait retour à la France. L'or que TAUemagne a gagné par son invasion en 1870 est perdu, et plusieurs autres milliards avec. (( Le moulin de Dieu moud lentement, mais il moud extrêmement fin ». L'évolution de la machine de guerre Ta amenée à un tel degré de perfection qu'elle n'est presque plus maniable. Les fortifications sont devenues surannées, au cours de cette guerre ; les navires de guerre feront place aux vaisseaux de l'air et, comme on l'a déjà dit, l'arrière sera l'avant. Toute la nature

travaille à rendre inefficaces les instruments de guerre, et si Thomme regardait les choses telles qu'elles sont et acceptait le jugement de la Nature, le monde s'élèverait à des hauteurs supérieures, dans une atmosphère où des hommes comme le kaiser n'existeraient pas. Dans tous les domaines, commerce, littérature et arts, le monde évoluerait à grands pas. La guerre noterait plus que matière à des souvenirs d'histoire.

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