‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 120 sur 183 · Pertz, Monumenta, Leges, t. II, p · texte numérisé non relu

Pertz, Monumenta, Leges, t. II, p

4. Cf. E. MissET, Le premier livre imprimé connu dans le Bibliographe moderne, sept. 189^.

5. Cf. G. VoiGT, Pélrarq'x", Boccace et les débuts de l'humanisme (Trad. fr. de Le Monmfb, 1894S p. HT.

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qu'ils prépareront le mouvement littéraire de la Renaissance,

Au commencement du XV* siècle, Constance, ville impériale, possédait cependant toutes les franchises municipales et les exerçait librement derrière ses sept portes et ses treize tours. Quand la cité consentit à recevoir le concile, ce ne fut pas sans avoir pris de méticuleuses précautions pour la sauvegarde de ses droits et de ses vieilles libertés.

Après avoir été un foyer d'apostolat et de science, Constance allait devenir un centre d'union catholique, et pour un instant le cœur de la chrétienté. D'avance, le monde chrétien la saluait avec Pierre d'Ailly : « 0 heureuse ville de Constance, s'écriait-il, je participe à ta joie, car c'est au milieu des villes allemandes qui me sont confiées comme légat, que tu as été choisie !» '

D'un autre côté, Thierry de Niem vantait la richesse de ses vignes et des campagnes, ager ciii benedixit Dominas, la beauté de ses lacs et de son fleuve, la pureté de l'air qu'on y respire et la justice de ses lois protectrices des étrangers '-.

Constance allait écrire en 1414 la plus belle des pages de son histoire, car ce concile était le plus brillant que l'on eût tenu jusqu'alors en Allemagne. De même que la ville de Pise, qui fut aussi le théâtre d'une assemblée pareille, elle n'a fait, depuis lors, que décroître en importance comme en renommée. A l'heure qu'il est, presque toutes les curiosités que Constance peut mon-

1. Sermo de adventu Domini. — Cf. Tractatus et serm. (SU-asbourg, 1490). — 0pp. Gersonii, t. II, col. 918.

2. Vos DER Hardt, l. II, col. 398. Sur le rôle de Niem au concile de Cons tance, cf. H. Fiske, Forschitngen und Quellen zur Geschichte des Konttanzer Konzils, p. 13-2.

trer au voyageur datent du concile et des évéaiements qui l'ont signalé.

Ce fut un magnifique spectacle quand, le 28 octobre 1414, le pape Jean XXIII fit son entrée solennelle dans la cité par cette belle porte de Kreuzlingen que Ton voit encore aujourd'hui.

Neuf cardinaux l'accompagnaient ainsi qu'un grand nombre de prélats et de seigneurs. Le comte de Montfort et un prince Orsini, de Rome, conduisaient sa haquenée par la bride, tandis que Henri d'Ulm, bourgmestre de Constance , et trois autres personnages soutenaient le baldaquin qui protégeait sa tête. Le Pape fut reçu tout à la fois comme un ange du Seig^ieur ' et comme un triomphateur dans cette vieille cathédrale qui allait être témoin de si graves événements; puis il alla prendre possession de ses appartements dans ' palais de l'évêque, Othon de Hochberg. -

Chaque jour la ville voyait arriver des prélats émi nents, des princes avec une suite nombreuse de chevaliers, des délégués des Universités.

Le cardinal Zabarella proclama que la première session du concile s'ouvrirait le 16 novembre'-. On profita de ce délai pour tenir des réunions préliminaires, pour prendre des dispositions d'ordre et faire des préparatifs de toute nature.

Les auditeurs de la rote romaine s'installèrent dans l'église Saint-Etienne, encore existante aujourd'hui, pour y rendre la justice trois fois par semaine. C'est ainsi qu'on régla, d'un commun accord, le tarif maxi-

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