Histoire des VariationSj l. I, ch
qui se fait par une révolte schismatique et à coups d'invectives passionnées. Il entend celle qui s'opère dans lÉglise par lÉglise et par les autorités légitimes que Jésus-Christ a constituées. Bossuet montre enfin par des exemples terribles « ce que peut sur des esprits entêtés la réforme prise de travers ' » .
On allait donc inaugurer d'une manière efficace cette rivolution pacifique, si désirée de tous les gens de bien. Mais des obstacles pénibles à surmonter se rencontraient au sein même du concile réformateur : c'était les multiples divisions qui y régnaient. Les fâcheuses discussions dogmatiques de 1415, à propos de la prééminence du concile sur le Pape, avaient laissé plus dune trace dans l'assemblée. Le siège pontifical étant vide, plusieurs se demandaient si l'occasion n'était point favorable pour établir d'une façon définitive cette supériorité, pour rendre plus fréquents les conciles généraux, pour augmenter et régulariser leur pouvoir. Ils prétendaient les organiser comme une institution permanente et essentielle, installer une sorte de parlement spirituel qui se réunirait à date fixe etauquelles souverains enverraient des ambassadeurs, et substituer une oligarchie constitutioanelle à une monarchie élective sans doute, mais absolue. On ne voulait rien moins que changer la forme de l'Église, la livrer au jeu des partis et remettre en question tous les progrès si utiles qu'avait faits la papa-uté depuis trois siècles.
D'un autre côté, le Sacré-Collège a^ait suscité contre lui des animosités acharnées; sa conduite dans les élections pontificales précédentes et au milieu des agitations du schisme, avait donné lieu à bien des