‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 158 sur 183 · Ch. XV, p · texte numérisé non relu

Ch. XV, p

•Martin V avait admis et approuvé les fameuses propositions présentées dans la quatrième et la cinquième sessions. Si la supériorité du concile sur le Pape est une doctrine véritable, c'est le concile et non le Pape qui est le vicaire immédiat de Jésus-Christ. Martin V, en condamnant Wiclef, a donc aussi frappé indirectement la doctrine de Constance * .

Nous en avons une autre preuve tout aussi péremptoire. Parmi les questions à poser à ceux qui sont suspects d'hérésie hussite, nous trouvons celle-ci : Croyez-vous que le Pape canoniquement élu est le successeur du bienheureux Pierre, ayant la suprême autorité dans l'Eglise de Dieu? Si la proposition de Constance est vraie, l'accusé devait répondre : « Non, c'est le concile qui est investi de cette suprême autorité. » L'hérétique suspect n'aurait donc pu être réconcilié, s'il avait soutenu la doctrine des premières sessions de Constance.

Que conclure de ce double argument, sinon que Martin V, bien loin d'avoir confirmé les propositions qu'on a appelées plus tard gallicanes, les a, au contraire, formellement condamnées * ?

S 4. — Le départ du Pape et du roi des Romains.

Le concile avait résolu presque toutes les questions qui lui avaient été soumises. Depuis près de quatre ans, les pères étaient rassemblés, non sans inconvénients réels pour tant de diocèses privés pendant de si longues années de leurs légitimes pasteurs.

1. Hefele, p. 518. — Cf. Cajetan, De auctoritale Papœ et Concilii, tr.I et u. — Gonzalez, Z)e Infallib., disp. XIII, sect. V,§ 5, n»2. —Bosscet refuse d'admettre ces arguments qui lui semblent des subtilités scolastiques, p. II, lib. V, c. 13, de la Defensio declarationis cleri galUcani.

S. Hefele, p. :>H.

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Nul concile peut-être n'avait été aussi nombreux et n'avait duré si longtemps depuis le commencement de l'Ég-lise, comme nulle crise n'avait été aussi terrible que celle du grand schisme.

Enfin, le 22 avril 1418, se tint la quarante-cinquième et dernière session. Le Pape la présidait et Sigismond y assistait. Les cérémonies et les prières d'usage se firent de la façon la plus solennelle. Une émotion universelle saisit les pères quand ils entendirent le cardinaldiacre Raynald, du titre de Saint-Vit, s'écrier au nom du Pape et des membres du concile : Domini, ite in pace, « Seigneurs, vous pouvez vous retirer en paix. » — Amen, répondit d'une seule voix l'auguste assemblée.

Après un dernier incident, soulevé par l'affaire de Falkenberg, dont nous avons déjà parlé ', un sermon fut prononcé par l'évéque de Catane. Quand il fut terminé, le cardinal de Chalant se leva solennellement et lut le décret de dissolution du concile de Constance. Placet, répondit le cardinal dOstie au nom de tous les évêques. Un avocat consistorial se fit alors l'interprète du roi des Romains. Il remercia les cardinaux et les pères, ainsi que les envoyés des Universités et des princes chrétiens ; il protesta enfin de l'invincible attachemerit de Sigismond à la sainte Eglise ainsi qu'au nouveau pontife qu'elle venait de se donner.

Le Pape et le roi des Romains demeurèrent encore pendant quelques semaines a Constance pour y régler certaines affaires de moindre intérêt, mais l'heure de la dissolution réelle du concile approchait. Pendant quatre ans, la ville avait été émue et parfois troublée par tous les échos d'une assemblée plus agitée que les

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