‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 23 sur 183 · Raytiaid, a. 1378, n · texte numérisé non relu

Raytiaid, a. 1378, n

voyait des légats de distinction aux souverains et aux princes catholiques, en particulier à Charles V.

Le roi de France, nous l'avons vu, était déjà gagné à la cause des cardinaux. Ses intérêts politiques le portaient vers Avignon et le détournaient de Rome : il n'eut pas de peine à se rendre aux arg^iments de Clément VII et des siens. Mais comment entraîner l'Université, les évêques, le pays tout entier dans le camp du schisme? L'Université avait dès l'abord chanté le Te Deum à l'élection d'Urbain. Elle-même avait envoyé des ambassadeurs à Rome pour lui présenter le rôle [rotulus], c'est-à-dire la liste de ceux qu'elle proposait pour les bénéfices. Jusqu'au mois de juillet, le Pape de Rome fut presque universellement reconnu en France. Mais, à partir de cette date, les cardinaux d'Anagni avaient envoyé des émissaires au roi, aux universitaires, aux membres du Parlement. En passant par Avignon, ces messagers de discorde avaient trouvé cinq cardinaux sur six déjà gagnés à la cause de la révolte. Ceuxci joignirent leurs lettres à celles de leurs collègues d'Italie. Tous invitèrent Charles à accorder sa protection au Sacré-Collège. « Ces bons amis cardinaux étaient au roi et de sa pension, » disent naïvement les grandes Chroniques de France ^ .

Le souverain convoqua alors une grande réunion du clergé devant laquelle les délégués clémentins parlèrent contre l'élection d Urbain. Ce petit concile national ne donna point de décision formelle , mais conseilla à Charles de garder une prudente expectative. « La matière est moult haulte, périlleuse et doubteuse, » dirent les membres de l'assemblée -. Le roi

1. T. VI, p. 4H («dit. p. Paris. —Cf. Besoist, La politiqve durai Charles V, p. 218. — Denifle, Chartul., t. ni, p. 558.

Page 1