Raynald. a. 137!», n
tola pacis^. Après un court prologue, il met en scène dans ses 88 chapitres un partisan de Urbain VI et un de ses adversaires. Le point le plus important est traité à la fm du livre où l'Urbaniste propose la convocation d'un concile général et défend ce projet contre les objections de toute sorte que lui oppose le Clémentin. De plus, l'auteur met aussi en avant l'idée de réunir une commission d arbitrage où chacun des deux papes, ainsi que le parti des neutres, serait représenté par deux ou trois personnages. C'est pour lui le second moyen de rendre promptement la paix à l'Eglise.
En ce temps-là brillait encore à l'Université de Paris Conrad de Gelnhausen, allemand comme Henri de Hesse. Lui aussi défendit en août 1379 le projet de concile dans une courte épître \Epistola breds) qui devint bientôt un traité complet [Epistola concoi'dix qu'il dédia à Charles Y-. Ce livre, terminé enmai 1380, est, ce semble, le premier traité où la « théorie conciliaire >• soit exposée d'une façon scientifique et méthodique. Il démontre que la réunion de ce synode est "utile, possible et nécessaire. Il réfute toutes les objections, surtout celle de l'impossibilité d'un concile général sans l'autorité du Pape. Enfin il supplie le roi de France de concourir de toutes ses forces à la convocation de cette assemblée, seule capable de mettre fin à tous les maux.
\. Valois, ihid , p. 321. — Cf. Scheu^hien. Beilrage zu <)er Gescli.'rhle des grossen Schismas, 1889, p. 3b. — Knt.eb, Die Entstehung d^rkonziliarien Théorie (1893), p. 64. — Hirsch. Die Ausbildung der konziliarien Théorie im XIV lahrhundert (Vienne. 1903;, p. 55-88. — L'ouvrage d'Henri de Hesse se trouve en ms. à Paris Bibl. nat., 1464*, fonds de Saint- Victor, à la bibl. de Mayence 241, à Vienne, 3097, bibl. de Bourgogne à Brux. 2-243. — Cf. PEirrz, Archio., VIII. 683.
2. Valois, 1. 1, p. 323. — Cf. F. Bliejietzrieder, Literarische Polemik zu Beginn des grossen abendldndischen Schismas (Vienne, 1909), 111-140. Cette édition, qu'on peut considérer comme définitive, remplace celle de Martèot et Durand, Thesaur'.ts, t. II, col. 1200-1226. Sur l'histoire de ce traité de Conrad, cf. Bliemetzrieder. op. cit., p. "l*-91*. — Hirsch, op. cit., p. 76-82. — Clllev, Konrad von Gelnhausin (Leipzig, 1913).
Un peu plus tard, en 1381, Henri de Hesse publia encore un nourel ouvrage intitulé Concitiuin pacis, ou plus exactement, d'après l'épilogue métrique du livre : Epistola concilii pacis*. Dans les 20 paragraphes de son épître, il démontre avec énergie ei abondance la nécessité et la possibilité du Concile général, mais il n'en limite pas l'objet à la seule question de l'union. Il insiste sur la réforme? nécessaire de lEglise, et il trace un sombre tableau des maux reiio:ieux et sociaux de son temps-. Entre le traité de Conrad de Gelnhausen et ce dernier ouvrage, il règne une telle similitude de pensée et même d'expression que l'on peut sans témérité considérer Y Epistola concilii pacis comme inspirée par V Epistola concordix écrite un an auparavant. Il y a cependant cette différence que Conrad attribue aux évêques réunis le pouvoir qu'Henri accorderait plutôt à la collectivité des fidèles^.
On voit alors paraître sur la scène religieuse et politique Pierre d'Ailly, un jeune docteur qui va jouer le
1. Vos DER Hardt, Rerum Conc. Constant., t. H, col. 361. — 0pp. Crersoni», t. II, col. 809. — H.rtwic, Leben und Schri/ïen U. von Langenstein (Marbour^, 1858). — L'Ecoy, Essai sur la vie de J. G^rsov, p. 338. — Demple, Die UniversitâUn des Mittelalters,t. I (1885), p.GOT. — HiRSCH,de Ausbildung der koiiziliarien Théorie, Sè-S&.~ F.BliemltziwzDZR, Das Generalkonzil im grosst^n abendlàndischenScMsma (Paderl.orn, 1904).