K>-EFR, ibid., p
3. Ibid.. loC-l-26. — 4. Deux cardinaux de l'obédience de Clément VII, Pierre Flandrin et Pierre d'Ameilh. combattirent le projet de concile, le premier, dans deux traités publiés l'un, vers mars ou avril 1379. l'autre en fé\rier 1380; le second, dans un traité actievé avant août 1380. Ces traités ont été édites par F. lîi.TEMETZRiEDEr., Literarische Pûlemikzu Beginn des grossen abendlàndischen Sdiismas, p. 3-111. —Sur les divers ouvrages de polémique publiés de 1378 à 1383, cf. Blîemetzriedei;, Das Generalkonzil im grossen abenUindischen Schisma (Paderborn, IHO*). p. 39-103. Certainesconclusions de cet ouvrage ont étéabandonnées dans la Literarische Polemik du même auteur. — Voir encore F. Bliemetzrie- DER, Ueber die Konzilsbeieegmig zii Beginn des grossen abendhhïdischen Schimas... dans les Studien und Mittei(ungen aus dem Benedic tiner und dem CistercienserOrden (1910). t . XXXI, p. 44-TS, 39i-M0.
plus grand rôle jusqu'à la fin de ces funestes divisions ' .
Né à Compiègne en 1350, d'Ailly fut envoyé à Paris dès sa première jeunesse pour y commencer ses études au collège de Navarre. A cette époque, réalistes et nominaux se disputaient, dans la rue du Fouarre et sur la place Maubert, avec le même acharnement que Français et Anglais sur le champ de bataille de Poitiers ou sous les murs de Calais. La victoire semble appartenir d'abord au parti nominaliste et c'est sous sa bannière que le jeune élève s'engage à la suite de ses maîtres. Dès cette date, Roger Bacon, au point de vue scientifique, et Guillaume Occam, sous le rapport théologique, seront et resteront ses maîtres préférés. Reçu docteur en théologie vers l'âge de trente et un ans, il aspire immédiatement à d'autres luttes qu'aux joutes pacifiques des écoles. La question du schisme lui fournit le moyen de montrer tout à la fois son talent d'orateur, sa verve de polémiste, sa science de théologien et son zèle pour les intérêts supérieurs de l'Eglise.
Dès 1381, il se jette dans la bataille en écrivant un pamphlet dans le goût du temps, qu'il intitule : Lettre du démon Léçiathan'^. Par un artifice de composition, qui n'était pas alors sans exemple^, il met dans la bouche de Léviathan, prince de ce monde, un discours
1. Paul TscH.icKERT, Peter ton Ailli (Gotha, 1879). — L. Salembier, Pelrus de Allia -0 {LiWe, 188G).
2. Tscliackert a publié ce texte d'après le ras. 11804 de la bibliothèque de Vienne iPeter von Ailli, App. V). Nous avons lu cet ouvrage dans le n» 531 de la Bibl. comm. de Cambrai et dans le n" <4643 de la Bibl. Nationale, f° 331.
3. En 1331, avait ëté écrite une lettre de Lucifer ad malos princijjes ecclesiasticos {Hist. littér. de la France, t. xxiv, p. -24). En 1408, on vit paraître une lettre de Satan à Jean Dominici, arch. de Raguse. 0. Hartwic en cite d'autres exemples dans Lehen und SchriftenH. von Langenstein, t. 11, p. 9. — Cf. WATiEsnAcii, Ueber erfundene Briefe in Randschriften, besonders Teufelbriefe, dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences de Berlin (lb9-2). — Cf. Pastor, Histoire des Papes, 1. 1, p. 187 ; t. IV, p. 136.
d'encouragement que ce démon adresse à tous ceux qui veulent diviser lEglise et faire durer le schisme. Kntrant dans son rôle de détracteur, d'Ailly attaque d'abord violemment saint Pierre et saint Paul, en se servant d'expressions bibliques qu'il prend volontairement à rebours du sens légitime. Léviathan se réjouit grandement des divisions qui ont éclaté dans l'Église et des moyens inefficaces que l'on emploie pour y porter remède. Il se moque surtout des membres de l'Université qui viennent de réclamer un concile général et qui se promettent de contrecarrer par ce moyen tous les efforts diaboliques.
« Voici que des rats sont sortis de leurs trous, ditil ; ils osent nous provoquer au combat. C'est une bande de personnages ridicules et vils, sans naissance et sans autorité. Et pourtant ils se moquent de mes ministres, les prélats de l'Eglise; ils osent les regarder en face. Ces grenouilles ont quitté leurs marécages et leurs cris s'élèvent du sein de la boue : Le Concile généî-all Le Concile général', coassent-elles sans cesse... Il faut les écraser, car ce moyen, seul efficace, procurerait bien vite l'élection d'un chef unique et la paix de la chrétienté ^ »
Dans une autre pièce tout aussi curieuse et qui date également de cette époque, Pierre d'Ailly s'attaque aux faux et mauvais pasteurs. Il emploie le même procédé de rhétorique et c'est au nom d'Ézéchiel, prophète du Seigneur, qu'il leur fait les plus sanglants reproches. 11 s'arme contre eux des invectives les plus terribles de la Sainte Ecriture et des objurgations brûlantes des Pères. Il termine par cette prédiction qui ne devait se réaliser que trente-six ans plus tard : « Je sauverai