‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 41 sur 183 · Ibid., t. I, col. CG · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, col. CG

5. Ibid., t. n, col. 919 et 959. • Papa esl deviabilis », dit Gerson.

6. Voir notre Petrus de Alliaco, p. 449 (1S86). — Cette hypothèse de la faillibilité du Pape, purement métaphysique pourtant, sp rencontre à l'état de supposition indiscrète chez certains vieux scolasliques; Gerson lui-même avoue que sa doctrine est nouvelle. (De pot. eccL, cons. XII, t. II, p. 247.) Cependant un bon nombre de docteurs de celte époque l'admettent au moins comme possible. Voici la pensée de Simon de Cramaud, patriarche d'Alexandrie, écrivant au roi des Romains : € si le Pape scandalise l'Église, il faut lui désobéir : ceux qui lui obéissent en pareil cas se rendent coupables de péché mortel. Pour juger un pareil pontife, il suffit de deux ou trois juges. Il faut le condamner sans remède, comme le fut autrefois Lucifer... Quand le Pape tombe dans une hérésie déjà proscrite, une nouvelle sentence n'est pas nécessaire, car il devient moins respectable qu'aucun autre catholique. » Ce texte, resté inédit jusqu'en ces dernières années, est de 1414. lia été publié par FiNKE, Acta Concilii Conslanciensis (1896), 1. 1, p. 281.

7. 0pp. Gerson., t. I, col. 689. — De maleria Conc. generalis ms. in Bibl. nat. Paris, fonds latin, n° 1571, p. 24. Gerson et Nicolas de Cusa sont aussi de cet avis avec un bon nombre de théologiens de l'époque. Ger-

Dans tous les cas qui regardent la foi, le Pape est soumis au concile général ', qui peut juger sa doctrine et la condamner. 11 a même le droit de se prononcer sur sa conduite et de le déposer, s'il se montre obstiné ou s'il passe pour incorrigible.

Ce synode général, selon quelques théologiens, est infaillible. C'est seulement une pieuse croyance ^, car, de fait, plusieurs conciles anciens ont erré dans la foi. Ce synode œcuménique, représentant l'Église universelle, est supérieur au Pape. D'Ailly s'efforce de prouver cette supériorité en s'appuyant sur le droit naturel, divin et canonique ^.

Telles sont les idées qu'ose exposer un des plus célèbres théologiens de cette époque, dont l'influence a été si considérable dans tous ces événements et en qui souvent on entend toute la Faculté de Paris, d'après Bossuet-*. De telles opinions rappellent celles de ce grand et funeste révolutionnaire qui s'appelle Occam. Jusqu'au XI V'^ siècle, en effet, si ce n'est chez les Grecs schismatiques qui rejetaient la primauté ellemême, on ne rencontre pas de traces de cette négation totale de l'infaillibilité.

son ajoute que, dans ceUe hypothèse, le Pape pourrait être licitement cliargé de chaînes, incarcéré et même jeté à la mer. 0pp. Gerson., t. II, col. 221, De auferibililate Papae ab Ecclesia.

1. Ibid , et 0pp. Gerson., t. H, col. 9S1, 9."i3, 950, 9G0. — Hefele (Trad. Leclercq), t. VII, 1" partie, p. 219.

2. 0pp. Gerson., t. n, col. 938. • Selon quelques grands docteurs, le comile général peut errer in facto, injure, et quod majis est in fide. dit k- cardinal de Cambrai, au sein du Concile de Constance. Von deb HAfiDT. Rerum conc. œcumen. constant., t. Il, col. 2(H, A peine sorti des études, dWilly soutenait à Paris cette même opinion, Utrum Pétri Ecclesia rege gubernetur... 0pp. Gers., t. I, col. 689. Comme Bossuet, l'évêque de Cambrai n'a donc jamais varié sur ce point. Mais qu'est-ce qu'une pieuse croyance, quand les faits positifs viennent la contredire?

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