‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 53 sur 183 · Dfaifle, t. III, p. 634. n · texte numérisé non relu

Dfaifle, t. III, p. 634. n

première fois que leurs avis solennels étaient méprisés, mais ils croyaient avoir à leur disposition un moyen infaillible pour forcer le roi à les écouter. Ils se résolurent à cesser les cours, à suspendre toute leçon et tout sermon jusqu'au jour où l'on ferait droit à leurs requêtes '.

C'était la révolte qui commençait, non seulement contre la cour, mais encore contre leur ancien protégé le pontife de Fondi et d'Avignon. Les maîtres de Paris étaient aussi mécontents de Clément que des princes, et les plaintes que la Fran.ce faisait entendre n'étaient que trop justifiées. Déjà, quelques années auparavant, le religieux de Saint-Denis avait tracé un triste tableau des procédés fiscaux de Clément : « Par toutes ces innovations, écrivait-il, la volonté des fondateurs des églises se trouve frustrée, le service de Dieu est négligé, la dévotion des fidèles diminue, le royaume est épuisé d'argent. Beaucoup d'ecclésiastiques, errant çà et là. sont accablés de misère. Les* écoles du royaume, jadis si florissantes, sont abandonnées et l'Université de Paris, cette tendre mère des arts libéraux (altrix dulciflua), pleure la perte de ses enfants :;^ui passent à l'étranger ^. »

Depuis cette époque, les marchandages et les exactions du Pape d'Avignon n'avaient fait qu'augmenter. Sous le nom de subsides volontaires, de décimes, d'annates, de taxes diverses, c'était lemprunt forcé qu'il f.vait établi en permanence. Rien n'échappait à cette iiscalité avide, qui surveillait tout et tirait profit de tout : le schisme pesait sur les intérêts comme sur les consciences.

1. Cronic. Karoii VIVih. XV, c. 4. — Oekifim, Désolatio» 4fn ialisa, ]>;i. «C3 cl 731.

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