‹ Le grand schisme d'OccidentChapitre 64 sur 183 · Chronic, c. li · texte numérisé non relu

Chronic, c. li

2. Histoire littéraire de la France, t. XXIV, p. m. —D'après P. Paris, Diss. franvais, t. I, p. iSi.

3. Les ambassadeurs rendirent compte de leur mission au synorle parisien de 1396.

V. Chronic Karoli VI lib. Wll, c. 1, 5, 11. 18. — Dl Boi-i.av, t. IV, p. r73. — ravkald, a. 13S6, c. 2. — Rvmer, Fœdera, 43 février et 17 août.

BENOIT XllI. - LA .SOUSTRACTIO.N D'OBÉDIENCE. 159

achetée du sultan Bajazet. La stupeur produite par l'insuccès de celte chevaleresque entreprise et le soin de délivrer les prisonniers français retardèrent la poursuite de la grande affaire, celle de l'extinction du schisme. Les ambassadeurs de France, d'Angleterre et de Castille ne se présentèrent au Pape que vers la mi-juin 1397. Benoît refusa de nouveau d'écouter les conseils pacificateurs et leur opposa son projet de compromis '. Les députés français, c'est-àdire maître Gilles des Champs, Jean Courtecuisse ^ et Colard de ('alleville furent très mécontents de voir refuser une fois de plus la voie de cession \ Calleville le déclara solennellement à l'obstiné Benoît : « Si à la Chandeleur, dit-il, l'Église n'est point régie par un seul pasteur, le roi de France agira énergiquement et etïicacement. »

Les députés allèrent ensuite trouver Boni lace à Rome. Gtlui-ci se retrancha, comme son compétiteur avignonnais, dans des fins de non-recevoir et ne chercha qu'à gagner du temps. « J'examinerai le casa loisir avec mes frères les cardinaux, répondit-il; je consulterai les princes de mon obédience, puis je ferai connaître mes intentions aux souverains qui vous ont nvoyés. »

Vers cette même époque, Wenceslas, pressé de plus en plus par le roi de France, poussé d'un autre côté par

1. Chronic. Karoli V^ lib. XVII, c. 33. — Ct. Eiinr.E, Archiv, t. V, . . 4-22.

â. « Breviscoxa -, Il fut plus lard cvôque de Paris, puis de Genève. — Cf.A.CoviLLE,flec/ie)c/!eâsur Jean Courteaiisse et ses œuvres oratoires dans la Bibliot. de l'Ecole des Chartes fl904), t. LXV,,p. 469-»29.

3. Hf.fele, Hist. des Conc. (Trad. LECLEBCy), t. VI, 2« partie, p. 119". — Martèsc et DiR\5D, Vet. Script. Jiova coUectio, t. Vil, pp. S5G et 6à-2. — Christophe, Histoire de la Papauté pendant le XIV siècle, t. III, p. 164.

l'Université de Prague, se résolut à détacher sa cause de celle du pape romain, à braver le mécontentement de quelques seigneurs et à accepter une entrevue à Reims avec Charles VI pour travailler de concert à rétablir la paix religieuse' .

Le souverain français, très heureux de cette décision, alla au devant du roi des Romains et le reçut solennellement à Reims, le 23 mars 1398. 11 lui fit de grands présents et lui offrit de magnifiques festins qui mirent plus d'une fois à Tcpreuve la sobriété du prince allemand.

Dans un moment de présence d'esprit, Wenceslas promit au roi de France de s'employer auprès du pape Boniface pour lui demander d'abdiquer. Il avait sous la main un négociateur tout indiqué : Pierre d'Ailly avait abandonné son siège du Puy- et avait pris possession de celui de Cambrai. En sa qualité de comte de Cambrésis, il venait de prêter serment de vassalité au roi des Romains (3 avril 1398). Wenceslas le pria de se rendre à Avignon pour y faire prévaloir la voie de cession ^.

Pierre d'Ailly partit aussitôt, se faisant accompagner du secrétaire intime de Wenceslas, Nicolas de Jewicka. Quand il arriva à la cour de Benoît, il fut reçu en consistoire public, en présence des cardinaux, de prélats et d'un grand nombre de laïques. Il prit la parole et prononça un discours plein de douceur, de souplesse et d'esprit insinuant. « Le roi des Romains, dit-il, est d'accord avec le roi de France pour vous engager à rendre la paix à l'Église, et à réaliser les saintes intentions que vous avez depuis longtemps ma-

\. Bibl. de Cambrai, 940, f. 42 seqq.

2. II avait été nommé au Puy comme successeur d'Hier de Martreuil, le 2 avril 1393, mais il ne s'y rendit jamais. Sa translation à Cambrai fut faite par bulle le IS novembre 1396 et il prêta à Soissons le serment de fidélité le 5 juin 1397.

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