Ibid., p
4. Sur Guillaume Pliilastre, voir J. Rest, Kardinal Fillaslre bia zur Absetzung Johanns XXIII auf dem Komlamer Konzil{¥n\iO^XTZ^ 1908;
élait le premier inscrit. Après avoir formulé des excuses « sur son ignorance et la rudesse de son engin ' », après avoir comparé les différentes Facultés aux quatre animaux de l'Apocalypse, il s'étonna de l'audace qu'elles avaient d'attaquer et de vouloir juger le Pape. « Je ne trouve pas, dit-il, que toutes les nations ensemblées puissent condamner le Souverain Pontife. Comment donc par un concile qui est en petit nombre quant au regard de toute l'Église, qui n'en est que la quarte ou quinte partie, le jugerez-vous? Les rois ne peuvent dépouiller le Pape de son autorité, mais le Souverain Pontife « a parfois mis Roy en France. Il a déposé Frédéric l'empereur; aussi pourveut-il de prince à Portugal ^. » Ces réminiscences historiques furent peu goûtées de l'assistance d'élite qui écoutait ce réquisitoire et encore moins du duc de Berry. Philastre fut plus tard obligé de présenter d'humbles excuses, tant les susceptibilités princières étaient promptes à se froisser !
Puis l'orateur, plus vigoureux qu'adroit, fit l'apologie cpmplète du pontife avignonnais : comme lui, il se prononça pour la voie de convention qui contient toutes les autres, et contre la cession qu'il jugea inutile. Il montra toutes les inconséquences de la conduite de la France en cette affaire et demanda qu'on ne revint pas à une nouvelle soustraction d'obédience.
Le 4 décembre, l'archevêque de Tours, Ameilh du Breuil, avait pris la parole et fait une prolixe leçon d'histoire. Il avait rappelé que les nombreux schismes
1. BocRGEois DD Chastkket, p. 125. Il dit ailleurs : • Je suy un povre homme, qui ay esté nourri es champs : je sur rude de manature et n'ay pas demeuré aveuques les rois, ne aveuques les seigneurs... », p. 163.
S. Ibid., p. 202.
précédents n'avaient jamais été « tollus et extirpés « par la voie de cession, mais bien par les conciles généraux.
îl perdait de vue que, dans toutes les épreuves antérieures de l'Église, les circonstances n'étaient point les mêmes. Il s'agissait alors démettre fin à une usurpation évidente pour tous, tandis qu'en 1406 on ne savait avec certitude de quel côté était le légitime vicaire de Jésus- Christ'.
Le doyen de Reims avait manqué de forme et de prudence ; l'archevêque de Tours avait apporté des arguments peu topiques; enfin l'évêque de Cambrai descendit en lice le 11 décembre, et se montra bien supérieur aux précédents orateurs. C'est en son habileté diplomatique et en son éloquence très connue qu'espérait surtout Benoît.
Pierre d'Ailly resta bien plus calme que ^es adversaires : sa parole n'en eut que plus de poids quand il recommanda la paix et la modération, et lorsqu il se plaignit des paroles amères et des accusations passionnées proférées contre le pape par les discoureurs qui étaient montés avant lui à la tribune.
Pour lui, la voie de cession est la meilleure : le concile général est aussi à désirer surtout pour la question de réforme de l'Église' ; la soustraction pendant cinq ans n'a rien produit : il ne faudrait donc pas traiter de sehismatiques ceux qui ne veulent plus revenir à ce moyen usé et inefficace. Reprenant plusieurs proposi-