Ibid., c. 8 et 9. — Alpartil (M. d'i, op. cit., p
LE CONCILE DE PARIS EN IIOG. iJ'J
d'Avignon, ne furent pas plus heureux. L'évêque de Cambrai, puis Gerson, ami et élève de d'Ailly, s'unirent à l'abbé de Saint- Denis pour essayer une nouvelle démarche : elle fut tout^ussi infructueuse que les précédentes. L'inflexible Benoît refusa la bulle demandée : « Mes actions, répondit-il, vous prouveront mieux que mes paroles que j'ai uniquement en vue l'honneur de Dieu et les intérêts de l'Eglise. Soyez-en sûrs, je ne désire rien tant que d'être agréable au roi, à la France et à tout le peuple chrétien ' . »
Aucune instance ne put le déterminer à aller plus loin et les ambassadeurs prirent congé de lui sans avoir pu obtenir rien de plus. Ils en furent profondément mécontents; toutes leurs appréhensions se renouvelèrent et ils recommencèrent à douter des bonnes dispositions de Benoît. Quand ils arrivèrent à Aix-en-Provence, plusieurs voulaient proclamer immédiatement l'abandon de l'obédience selon les instructions qu'ils avaient reçues.
D'Ailly et Gerson combattirent avec énergie leurs raisons ; ils parvinrent à faire triompher des sentiments plus pacifiques et à différer la rupture totale'-. Pendant que plusieurs de leurs collègues retournaient à Paris, l'évêque de Cambrai et le chancelier partirent pour Rome aveQ le patriarche, afin d'entretenir et d'activer les bonnes dispositions de Grégoire.
Tous les regards catholiques se portaient alors pleins d'espérance vers cette petite ville de Savone, où allait se réunir cette noble assemblée qui rendrait enfin la paix à l'Église divisée depuis près de trente ans.
I. Chroiuc, 1. XXVni, c. i'2. — Valois, t. III, p. îil4. 2 Cf. Les Rationes ad differendam subslraclionem dans MAiiTiiNE et DCRASD, Thésaurus, t. II, p. 1329. — C/ironic, I. XXVIII, c. 13.
Plus tard, et à cause de réunions semblables, Pise, Constance et Trente devaient attirer tour à tour l'universelle attention du monde catholique.
Quatre siècles après, dans des circonstances plus malheureuses encore pour l'Eglise, Savone elle-même devait retenir pendant trois ans les regards, non seulement de tous les vrais catholiques dévoués à Pie VII, mais encore de tous les hommes qui s'émeuvent du spectacle de la faiblesse opprimée luttant contre l'injustice couronnée et toute-puissante.
Pour l'assemblée de 1407, la république génoise mettait trois galères bien armées à la disposition du Pape : Lacques et Florence offraient leur appui : Jean de Boucicaut, gouverneur de Gênes au nom de la France, devait protéger la future réunion. Le roi Charles avait écrit aux habitants de Gênes et de Savone pour le^ engager à bien recevoir les deux papes ; ces villes leur ouvraient volontiers leurs portes et leurs palais ' . La France et l'Italie .paraissaient remplies des meilleures dispositions et tous les cœurs chrétiens se réjouissaient à l'avance de Iheureux résultat des négociations qui allaient s'ouvrir.
1. Bourgeois du Cu\sit.yET,Preui-es, p. 50i. Lettre du 11 juin 140T. Le 13, Charles VI envoya des instructions semblables à ses ambassadeurs et ses o'îiciers, p. MO. — Voir dans Ft>KE, t. I, p. 280, le rapfort ditaillé de Simon de Cramaud à Si§i»niond.