s. Bernard., De consideratione, lib. iv
2. Somnium Viridàrii, publié par Goldast dans sa Monarchia sancii Romani Imperii, 1. 1, p. 225. — Ce libelle fut composé en 1376 deux ans avant le grand schisme, probablement par Philippe de Maizières. Cf. Revue des Sciences ecclés., série YI, t. Y, p. 45 (Amiens, 1887).
S 2. — Lés erreurs dogmatiques au XIV° siècle.
Les grands faits historiques, même quand ils paraissent éclater inopinément, ont dans le passé des racines profondes et multiples. Leur cause première est presque toujours intellectuelle : quand il s'agit de l'Église, elle est théologique.
Ce qui nous a frappé surtout, dans l'étude que nous avons faite de cette époque troublée, c'est l'ignorance ou la méconnaissance du pouvoir pontifical, de ses bases, de sa force, dé ses privilèges; c'est l'oubli pratique de la constitution même de la souveraineté spirituelle.
Sans doute, les docteurs de Paris ou d'ailleurs ont pu lire les principes de ce que nous nommons aujourd'hui le Traité de V Église, dans les écrits des Pères, dans les canons conciliaires et dans les décisions pontificales. Mais ils n'ont pas su, en général, faire la synthèse de cette doctrine, ils ne l'ont pas réduite en corps, et n'ont pas eu la claire intelligence de la coordination logique des thèses qui la composent. Ils se sont laissé arrêter par certaines divergences de vues entre les docteurs, ils ont été aveuglés par les nuages qui ont obscurci parfois les vérités fondamentales en certains jours troublés, ils ont pris trop souvent pour des opinions libres, des points de dogme incontestables.
Saint Thomas était providentiellement désigné pour exécuter ce travail d'ensemble, et pour réunir en corps de doctrine tous les principes généralement admis par les anciens docteurs : « Parce qu'il a grandement vénéré les Pères, dit son commentateur Cajetan, il a en quelque sorte hérité de la science de tous*. » Malheureusement le monument théologique qu'il a édifié n'a